Un festival pour les curieux et les sérivores

 

Déjà trois ans que le festival Séries Mania célèbre, au Forum des images à Paris, le format star du petit écran : la série télévisée. Du 16 au 22 avril 2012, se sont succédées des projections en avant-première, des tables rondes peuplées de professionnels, des rencontres avec des créateurs de séries de renom. Bref, un véritable accès «behind the scenes» de nos fictions préférées, mais aussi une bonne façon d’en découvrir de nouvelles.

 

Au premier jour, une table ronde se tient dans le hall d’entrée du Forum des images : Une série peut-elle être politique ? Menée par Thomas Destouches (Allociné), le débat rassemble Olivier Joyard (journaliste aux Inrockuptibles et auteur du documentaire Séries Addicts), Amandine Prie (blog Des séries et des hommes), Manuel Raynaud (cofondateur de Spin-Off.fr) et Delphine Rivet (journaliste pour Reviewer.fr). Dans une ambiance décontractée, les échanges n’en sont pas moins nourris d’exemples précis, abordant la question sous plusieurs angles. Chaque intervenant semble avant tout être un sériephile averti avec ses fictions favorites et ses réserves, il devient alors d’autant plus aisé de se sentir concerné par ce qui se dit. Cet intérêt commun se partage une nouvelle fois lors d’une séance de questions dans le public.

 

Tour à tour, sont évoquées la danoise Borgen, la britannique The Thick of it, l’américaine The West Wing (A la Maison Blanche), la française Les Hommes de l’ombre, et bien d’autres. Ces œuvres ont parfois précédé la réalité, avec l’élection d’une femme dans Borgen en 2010 qui s’est réalisée au Danemark fin 2011, mais également celle d’un président noir aux Etats-Unis dans 24 Heures Chrono avant celle de Barack Obama. The West Wing fait, quant à elle, figure de véritable référence en matière de série sur les coulisses du pouvoir et de l’exercice politique. Ce dernier prend alors la fonction de moteur narratif, donnant lieu à des rebondissements, des intrigues, des victoires et défaites passionnées.

 

Outre l’aspect informatif que peut revêtir un programme qui décrit le monde politique, une série peut quelquefois être associée à une sensibilité politique dans la façon dont elle aborde des questions sociales, ou à travers un personnage. Pour certains, Urgences passait plutôt pour démocrate en s’attachant à montrer l’hôpital public et ses difficultés, les problèmes de couverture de santé pour les Américains les plus modestes. Le débat existe aussi entre ceux qui considèrent que 24 Heures Chrono a une couleur conservatrice, et ceux pour qui elle est non pas pro-Bush mais sur les années Bush.

 

Plus largement, au sens étymologique du terme politique, «la science des affaires de la Cité», les séries brossent différentes versions de leur société. Par le biais de questions sociales, les difficultés du marché du travail, la crise et ses conséquences, la criminalité, la mixité sociale, l’homosexualité, les sujets à traiter ne manquent pas. Dans le contexte du premier tour des élections présidentielles en France, les participants à cette table ronde n’ont pas omis de rappeler d’aller voter. Quand la réalité rattrape la fiction, ou bien est-ce le contraire… ?

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