Harry Potter : plongée magique dans les studios

Après plus de dix ans de bons et loyaux services, les studios britanniques de Leavesden ont ouvert leurs portes au public, depuis fin mars 2012, pour partager les coulisses du tournage de la saga Harry Potter. De quoi faire rêver plus d’un passionné de cinéma ou d’un fan du sorcier à lunettes. Pas de panique, ni une ni deux, j’ai réservé un billet d’Eurostar et une place pour la visite des studios, de préférence avant que la folie des Jeux Olympiques ne s’empare de la cité londonienne.

Après une bonne pluie typique et quelques péripéties d’orientation, heureusement résolues par des Britanniques serviables, c’est l’arrivée au point de rendez-vous du car, customisé d’images des films, qui conduit aux studios. La montée d’enthousiasme se fait sentir parmi les voyageurs de tous âges. Ça parle bien entendu anglais, mais aussi français, allemand, et même brésilien. Des enfants font le récit vivant et détaillé de certaines aventures du jeune sorcier à leurs grands-parents pour les préparer à ce qu’ils vont voir. Les rôles semblent pour une fois inversés, pour la plus grande joie des enfants.

Les premiers pas dans cet espace dédié à l’œuvre de J.K. Rowling font penser à l’entrée d’une attraction de parc à thème. Mais très vite, c’est autre chose qui est proposé aux visiteurs qui croisent dans la file d’attente le placard sous l’escalier qui abrita la «chambre» des premières années d’Harry Potter. Le temps de se mettre dans le bain avec un petit documentaire de rétrospective sur les huit films qui composent la saga, et le rideau se lève pour laisser place à la visite de deux immenses hangars remplis de décors, d’objets, de costumes… Tout commence avec la grande porte de la salle de réfectoire du château, ornée de statues, de flambeaux et de vitraux.

Pour débuter le parcours, un guide raconte quelques anecdotes de tournage, pendant que des nuées de photographes en herbe immortalisent numériquement le moindre détail de la pièce. Les visiteurs sont ensuite lâchés en roue libre dans le premier hangar qui regorge de merveilles en tous genres. A tel point qu’il devient difficile de savoir où donner de la tête et qu’il faut une concentration méthodique pour ne rien manquer. Des extraits des bandes originales ponctuent la promenade, sans jamais devenir envahissants ou entêtants.

L’univers magique s’installe par le biais de décors familiers tels que le dortoir d’Harry et ses amis, la salle commune des Griffondor, le bureau de Dumbledore, la classe de potions de Rogue (Snape en version originale) ou encore le Terrier (The Burrow) où logent les Weasley. Les moindres aspects du quotidien des élèves sont représentés, que ce soit la nourriture, les vêtements, le quidditch et ses accessoires, les balais. Il ne s’agit pas d’un simple musée, loin de là. Le fait de pouvoir déambuler au cœur même de certains décors intensifie l’expérience. Les rouages d’une mécanique cinématographique si bien huilée sont dévoilés, et les plus téméraires peuvent même s’essayer à un vol en balai dans les conditions pratiquées par les acteurs sur un fond vert. Des écrans tapissent également certains murs pour diffuser des images de making-of. Rien ne fait défaut : à chaque fois que je me dis que j’aurais bien aimé voir tel objet, je le découvre au coin de l’allée suivante.

Juste après la visite du hall du ministère de la Magie et du bureau rose bonbon de la détestable Dolores Ombrage, le parcours débouche sur un espace en plein air qui rassemble notamment un morceau de Privet Drive avec la maison des Dursley, le Magicobus (The Knight Bus), mais aussi des pièces du jeu d’échec géant (Harry Potter à l’école des sorciers). Au cours du cheminement, certains départements ont même droit à des intervenants filmés ou en live pour répondre aux interrogations des passants, sur le maquillage ou les effets spéciaux par exemple. L’espace intérieur dédié aux diverses créatures fantastiques, comme Aragog, Dobby ou le Basilisque, réunit de hautes étagères remplies d’objets, de masques en plusieurs versions, ce qui rappelle l’opportunité accordée aux visiteurs d’avoir accès aux coulisses des tournages. C’est aussi l’occasion de montrer les différents horizons professionnels (maquillage, effets spéciaux, accessoires, perruques, vêtements…) nécessaires à la fabrication d’un film. Le moindre détail compte, chaque objet est conceptualisé pour renforcer la crédibilité des décors, aider les acteurs à se mettre dans le bain, et permettre aux spectateurs de se laisser emporter par l’histoire.

L’un des clous du spectacle se dévoile alors aux yeux du public lorsqu’il débouche au tournant sur le Chemin de traverse (Diagon Alley) en taille réelle. Il est alors permis de fouler le pavé de cette rue bordée des commerces du fabricant de baguettes Ollivander, du marchand de chaudrons, de l’apothicaire, mais aussi de la boutique de farces et attrapes des jumeaux Weasley (Weasleys’ Wizard Wheezes). Il faut l’avouer, il se révèle difficile de quitter ce décor intégral tant les détails des vitrines fascinent. L’envie de pousser la porte d’une des échoppes ne manque pas. Après avoir quitté cette allée, à regret, les visiteurs atteignent des pièces consacrées aux dessins, plans, maquettes, peintures, de nombreux lieux de Poudlard (Hogwarts). Là encore, il convient de souligner la minutie du travail admirable de dizaines de personnes qui ont planché notamment sur les maquettes. Pour finir en beauté, Warner Bros offre aux visiteurs une maquette géante d’une quinzaine de mètres de diamètre de l’intégralité de Poudlard et son terrain environnant. Chaque fenêtre, chaque cheminée, chaque arbre, les ponts, les serres des cours de botanique, tout a été intégré avec précision sur ce modèle qui a servi pour plusieurs plans de vue d’ensemble de l’extérieur du château. Ainsi, il apparaît dans la scène où les «première année» découvrent le château lors d’une traversée du lac en barque.

Pour préparer le retour à la vie ordinaire, les scénographes ont organisé un sas sous la forme du magasin d’Ollivander, plein de boîtes étiquetées aux noms de toute l’équipe du film, de l’assistant maquilleur à Daniel Radcliffe. Pour les plus accros, la boutique de cadeaux assure également le plaisir des yeux. Chacun y trouve son bonheur, que ce soit une boîte de dragées surprises de Bertie Crochue, de chocogrenouille, une paire d’oreilles à rallonge, les baguettes des personnages principaux, les uniformes des différentes maisons de l’école. Grâce à une scénographie intelligente et une présentation dynamique, ce voyage ravira les fans de la saga mais impressionnera probablement aussi les autres. Excellent équilibre entre le rêve procuré par la finesse des décors et la curiosité satisfaite par de multiples explications sur la fabrication des films, cette expérience des studios de Leavesden vaut vraiment le déplacement.

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