Batman : le roi est mort, vive le roi

En général, l’univers des super-héros sur grand écran, très peu pour moi merci. Il existe cependant une exception notable, l’homme chauve-souris, bien que j’ignore totalement pourquoi. Tout a commencé avec le diptyque réalisé par Tim Burton, Batman (1989) et Batman le défi (1992), qui m’a marquée par son environnement visuel tout autant que ses personnages secondaires. Comment oublier le Pingouin interprété par Dany DeVito, Jack Nicholson en Joker, ou Michelle Pfeiffer en Catwoman ? L’identité graphique de Gotham City vue par Tim Burton s’approchait du comics en développant l’aspect sombre et décadent de cette ville. Les deux films de Joel Schumacher, Batman Forever (1995) et Batman & Robin (1997), conservent l’apparence très colorée de la plupart des «méchants» avec Double Face, Edward Nigma, Mr Freeze ou encore Poison Ivy, par contraste avec Batman. Ce réalisateur ajoute à Gotham City des touches de couleurs à grand renfort de néons fluorescents dans la nuit.

L’obsession première de chaque méchant reste la même : détruire Gotham City et atteindre Batman. Nombre d’entre eux ont également un désir de vengeance après avoir vécu une déception personnelle ou un rejet. Edward Nigma comme l’Epouvantail se sont faits renvoyer ; Poison Ivy a été victime d’expériences qui l’ont rendue folle ; ancien procureur respecté Harvey Dent s’est fait asperger d’acide, a perdu sa fiancée, puis est devenu Double Face ; Mr Freeze a cryogénisé son épouse malade et est prêt à tout pour la sauver. Là encore, un parallèle se dresse entre ces personnages et Batman. Les premiers s’opposent au second dans le fait qu’ils ont choisi le crime et la violence après avoir été blessés par la vie, tandis que le héros se donne pour mission de protéger sa ville malgré le meurtre de ses parents.

La trilogie réalisée par Christopher Nolan (Batman Begins en 2005, The Dark Knight en 2008, et The Dark Knight Rises en 2012) présente une véritable unité, une progression narrative logique. Le casting se fixe avec Christian Bale dans le rôle de Batman, Michael Caine en indispensable Alfred, Gary Oldman en courageux commissaire Gordon, ou encore Morgan Freeman en ingénieux Lucius Fox. Tout commence après le meurtre des parents du richissime Bruce Wayne qui, adulte, suit une formation auprès du maître de la Ligue des Ombres, Ra’s Al Ghul (Liam Neeson), puis devient le protecteur de Gotham City. Ce premier opus permet notamment de comprendre la force du lien entre le justicier et ses alliés Alfred et le commissaire Gordon, mais aussi la face sombre du héros.

Contrairement à la précédente suite de films, Christopher Nolan a privilégié un maximum de réalisme tant dans la représentation sobre de la ville faite de buildings que dans l’apparence des personnages. Pour construire l’identité visuelle de Gotham, les créateurs se sont notamment inspirés de New York (dont Gotham est l’un des surnoms), Chicago, Hong Kong et Tokyo. L’une de ses caractéristiques tient à ses ponts qui sont utilisés par les criminels comme moyen de pression stratégique à plusieurs reprises. The Dark Knight développe même un pendant glauque à travers le personnage du Joker (magistralement interprété par Heath Ledger). Son image pervertie de clown se reflète dans son obsession destructrice, ses tics, ainsi que dans son maquillage dégoulinant de couleurs ternes.

Pour conclure sa trilogie, le cinéaste a poursuivi son jeu d’équilibre entre espoir et chaos. Après huit ans terré dans son manoir, Bruce Wayne se voit bousculé par une voleuse de haut standing, Catwoman, qui le provoque. Ayant gardé en tête l’interprétation de Michelle Pfeiffer, je dois avouer que je craignais celle d’Anne Hathaway, mais elle s’avère tout à fait convaincante. Pour affronter le glaçant Bane (Tom Hardy), le nouveau méchant en ville, Bruce doit redevenir Batman à force d’entraînement. À bien y réfléchir, je commence à entrevoir pourquoi Batman trouve grâce à mes yeux. Tout d’abord, il est l’un des rares héros du genre à ne pas posséder de pouvoirs surhumains, contrairement à ses collègues Superman ou Spider-Man. Cette caractéristique le rend, dès le départ, infiniment plus humain. Cet aspect est amplifié dans la trilogie de Nolan, qui met son protagoniste à rude épreuve. À la fin de The Dark Knight, Batman doit se cacher, et pense même abandonner son action pour de bon, mais parvient à se relever une dernière fois dans The Dark Knight Rises. Cependant, le réalisateur ne lui épargne pas de prendre de belles raclées dans les combats face à Bane, qui le pousse littéralement au fond du gouffre. La motivation qui anime l’homme chauve-souris dans son action, pas toujours très claire mais bien ancrée dans la vengeance, s’avère être un autre point d’intérêt de la psychologie du personnage. D’autre part, il paraît tout à fait capable de compter sur un travail d’équipe en demandant l’aide de Catwoman, tandis que d’autres policiers comme Gordon et John Blake (Joseph Gordon-Levitt) sont également les auteurs d’actions déterminantes. La trilogie se conclut donc sur la disparition de Batman, mais la relève semble bel et bien assurée.

In English:

Batman: the End of an Era

Generally, comics heroes are not my favourite, as far as movie adaptation goes. I must admit that Batman is the exception even though I don’t really know why. For me, it all started with Batman (1989) and Batman Returns (1992) directed by Tim Burton who offered a very remarkable version of Batman’s environment as well as the supporting characters. Who can forget the Penguin by Dany DeVito, the Joker by Jack Nicholson, or Catwoman by Michelle Pfeiffer? The visual identity of Gotham City was close to the comics with its dark and decadent aspect. Batman Forever (1995) and Batman & Robin (1997) by Joel Schumacher keep the very colourful aspect of bad guys such as Two-Face, The Riddler, Mr Freeze or Poison Ivy, contrasting with Batman.

The major obsession with these villains consists in destroying Gotham City and Batman. Most of them crave for revenge after a big disillusion. Edward Nigma and the Scarecrow were fired, and Poison Ivy turned crazy after several experiments. Once a respected district attorney, Harvey Dent was attacked with acid and lost his fiancée, then he became Two-Face. Mr Freeze also lost his sick wife and was victim of an accident. The parallel with Batman is easy to make: after having been deeply hurt, the villains choose crime and violence whereas the hero decides to protect his city.

The trilogy directed by Christopher Nolan (Batman Begins in 2005, The Dark Knight in 2008, and The Dark Knight Rises in 2012) reveals a real unity through its narrative structure. The cast is composed of Christian Bale (Batman), Michael Caine (Alfred), Gary Oldman (James Gordon), or Morgan Freeman (Lucius Fox). It starts with the murder of Bruce Wayne’s parents when he is just a boy. Growing up, he decides to train with Ra’s Al Ghul (Liam Neeson), the leader of the League of Shadows, and to protect Gotham City. Batman Begins gives the audience the opportunity to understand the strong connection linking the hero and his allies, Alfred and Gordon, but also his dark side.

Unlike the previous films, Christopher Nolan went for as much realism as he could through his sober depiction of the city and the look of the characters. The visual identity of Gotham was partly based on New York, Chicago, Hong Kong and Tokyo. Its strategic bridges are used several times as means of pressure by the villains. In The Dark Knight, Nolan even added a sinister dimension to the franchise with the Joker (admirably played by Heath Ledger). This perverted clown expresses his insanity through his obsession with destruction, his twitches, and his dripping make-up.

To conclude his trilogy, the movie-maker chose an ellipsis of eight years to show Bruce Wayne hidden in his mansion until Catwoman comes to steal something from him. At first, I was a bit sceptic about the idea of Anne Hathaway playing Catwoman but she manages very well. To defeat the new bad guy in town, the frightful Bane (Tom Hardy), Bruce must become Batman again. Thinking of it, I start understanding why Batman is an interesting character to me. First of all, he is one of the rare heroes of his kind who does not have special powers, unlike his colleagues Superman or Spider-Man. This strengthens his humanity which is also amplified in Nolan’s trilogy where Batman comes across hardcore ordeals. In the end of The Dark Knight, he has to disappear and renounce his quest, but he succeeds in rising again in The Dark Knight Rises. Nevertheless, he suffers several defeats against Bane before he teams up with others to put an end to his crimes. The hero is able to ask for help, and none of the characters are all good or all bad. Catwoman, Commissionner Gordon and John Blake (Joseph Gordon-Levitt) take also decisive actions to get rid of Bane. The trilogy concludes on the disappearance of Batman, but Gotham City will not be left unprotected.

 

The Dark Knight Rises (2012)

De Christopher Nolan. Avec Christian Bale, Michael Caine, Gary Oldman, Morgan Freeman, Anne Hathaway, Tom Hardy, Joseph Gordon-Levitt…

Durée : 2h44

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