The Hunger Games, l’heure de la révolte a sonné

Résumons. Le DVD de The Hunger Games vient de sortir, tandis qu’il faudra attendre novembre 2013 pour découvrir au cinéma la suite des aventures de Katniss Everdeen. En mars dernier sortait sur nos écrans le premier volet de la trilogie The Hunger Games, puis, peu de temps après, j’héritais des livres en anglais, que j’ai dévorés en moins d’un mois. Le film m’avait déjà scotchée, pour l’histoire elle-même, mais aussi la mise en images de l’environnement de cette dystopie (ou anti-utopie) qui s’organise autour d’un pouvoir totalitaire écrasant, exploitant douze districts. La dystopie est une forme littéraire utilisée plus d’une fois dans le genre de la science-fiction, comme dans Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley (1932), 1984 de George Orwell (1948), ou La Planète des singes de Pierre Boulle (1963). Les livres de l’Américaine Suzanne Collins ont été publiés entre 2008 et 2010 avec, dans l’ordre, The Hunger Games, Catching Fire, et Mockingjay.

A sa sortie, le premier tome fut progressivement hissé au rang de nouveau phénomène, notamment parmi les adolescents et jeunes adultes. Du côté de la critique, certains lui reprochèrent des similitudes significatives avec le livre Battle Royale du Japonais Koshun Takami (1999), qui raconte la sélection par le pouvoir d’une classe envoyée sur une île pour s’exterminer jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un. The Hunger Games a aussi été rapproché de Running Man de Stephen King (1982) dans lequel le héros participe à un jeu qui consiste à essayer d’échapper à un escadron de tueurs, afin de gagner de l’argent pour le traitement de sa fille malade. Reste qu’en littérature, tout ou presque est sujet à l’influence plus ou moins consciente de ce qui s’est écrit auparavant et, dans le cas présent, il ne s’agit pas de plagiat.

La différence fondamentale entre le livre et le film tient au choix du point de vue. Alors que dans le premier l’action est perçue intégralement à travers le regard de Katniss, le second donne accès à l’envers du décor de ces «jeux» et un aperçu de plusieurs personnalités au pouvoir. L’œuvre littéraire se concentre davantage sur le destin d’un individu, ses choix et réactions face à une situation extrême qui le pousse dans ses retranchements. Ce point de vue intérieur enrichit significativement la palette et la finesse des émotions ressenties par le protagoniste. En revanche, là où l’héroïne devine, le spectateur assiste aux manipulations de l’arène et prend alors un point de vue quasi omniscient. L’intérêt porté à la compétition ne s’arrête pas à qui va vivre ou mourir. En effet le système repose aussi sur des «sponsors» pouvant apporter leur aide, et conduit les participants à s’attirer leurs bonnes grâces. Encourager la sympathie, jouer les amoureux transis, ou se transformer en tueur de sang-froid : jusqu’à quel point cette situation de guerre va-t-elle transformer ces adolescents ? A mon sens, les deux visions de cette histoire se complètent parfaitement sans pour autant dépendre l’une de l’autre.

Dans cet univers, se mixent notamment l’imagerie et le voyeurisme de la télé-réalité avec la cruauté et la violence des jeux du cirque à l’époque des gladiateurs dans le cadre des «jeux de la faim» (référence latine avec le nom du pays – Panem – qui signifie pain). Ces derniers, organisés par le pouvoir, réunissent 24 jeunes âgés de 12 à 18 ans, pour rappeler la sanction que doivent subir les districts pour s’être révoltés 74 ans plus tôt. La préparation aux «jeux» ressemble à s’y méprendre  à la mise en scène d’une condamnation à mort : les adieux à la famille, le dernier repas et autres petites attentions, puis la confession lors de l’interview. En parallèle, la plupart des districts vivent parqués dans des zones surveillées et sont coupés du reste du monde, sans aucune information. Il existe cependant des inégalités entre les premiers qui ont un niveau de vie correct et sont entraînés pour la compétition, et les derniers qui connaissent une sévère pauvreté. Le contraste entre le Capitole et la «populace» se traduit par des oppositions de couleurs, criardes pour le premier et quasi absentes pour la seconde, mais aussi par le biais de l’architecture, ou encore des préoccupations quotidiennes.

Outre le message de révolte sociale et politique véhiculé, la trilogie repose également sur un groupe de personnages qui permettent au lecteur une incursion émotionnelle dans cet environnement sombre et violent. Dans le film, la bande originale, signée James Newton Howard, remplit parfaitement son rôle en se fondant dans l’action et l’émotion. A retenir notamment, le morceau accompagnant la scène de la mort de la petite Rue à qui Katniss rend les derniers hommages à sa façon, ou celui de la séquence entre Peeta et Katniss dans la grotte. La relation des deux sélectionnés du district 12 pour les «jeux», m’apparaît comme l’une des plus originales jamais rencontrées dans une fiction. Dès le départ, rien n’est simple, et l’un comme l’autre vont traverser des épreuves telles qu’ils ne s’en remettront jamais vraiment.

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