Happy Halloween avec Frankenweenie

Tim Burton de retour dans toute sa splendeur avec Frankenweenie à l’occasion de sa fête favorite : Halloween. Je reste certes une fan quasi-inconditionnelle du réalisateur à la chevelure indomptable, mais ses derniers films ne m’avaient pas transcendée, il faut l’avouer. Alice au pays des merveilles et Dark Shadows m’ont laissée quelque peu dubitative, sans m’empêcher pour autant de passer un agréable moment de divertissement.

Parmi ses courts-métrages, Tim Burton a réalisé, il y a 28 ans en prise de vue réelle, Frankenweenie qui mettait en scène un jeune garçon prêt à toutes les expériences pour ressusciter son chien Sparky. A l’époque, le cinéaste travaillait encore pour les studios d’animation de Disney mais cette collaboration n’était pas vouée à perdurer. Un an plus tard, il prit d’ailleurs son envol et réalisa son premier long-métrage. En 2012, l’homme originaire de Burbank en Californie s’offre comme friandise d’Halloween l’adaptation en film d’animation de Frankenweenie.

Comme pour Les Noces funèbres, ou L’Etrange noël de monsieur Jack qu’il a produit, Tim Burton laisse ici s’exprimer sa passion pour le stop-motion (filmer image par image les figurines des personnages déplacées manuellement). L’animation est fluide, tout en conservant l’empreinte visuelle propre à cette technique. Le choix du noir et blanc se révèle tout à fait pertinent pour installer une ambiance bien particulière et coller aux nombreuses références à des films d’épouvante, notamment de l’âge d’or des studios de Hammer Film Productions. La référence principale, Frankenstein, se trouve dès le titre du film, la famille du jeune héros Victor se nomme Frankenstein, l’un des petits garçons ressemble à l’assistant bossu et édenté Igor, la chienne de la voisine hérite de la même coiffure que la fiancée de Frankenstein. D’autres créatures telles que Godzilla ou les vampires chassés par Van Helsing, sont également évoquées.

Au-delà de son goût pour les films d’horreur, le cinéaste raconte aussi une histoire plus personnelle à travers l’attachement qu’il avait, étant jeune, pour son compagnon canin. Dans cet opus de sa filmographie, il explore à nouveau deux thèmes chers à son univers : les monstres et l’enfance. Le véritable monstre n’est jamais celui que l’on croit. Ces créatures animalières, à l’exception de Sparky, dégénèrent en conséquence des expériences imposées par les humains. Dans ce cadre, Frankenweenie fait la distinction entre l’affection sincère d’un enfant pour son chien et la volonté des autres enfants de réaliser une expérience dans un esprit de compétition. Entre cruauté et décuplement des émotions, les enfants ne sont pour autant jamais jugés. Certains d’entre eux apparaissent comme des figures inquiétantes, en particulier la fille blonde aux yeux qui vous fixent et au chat tout aussi dérangeant.

En bref, tout est réuni pour une émouvante, magique, et étonnante plongée au cœur de l’univers farfelu et poétique du créateur de Beetlejuice. Le nouveau film de Tim Burton évoque la mort, la perte des êtres chers, sans pleinement suivre le chemin de l’apprentissage du deuil. Petite note ironique, en conclusion : à l’époque du court-métrage, Disney avait estimé que Frankenweenie ne devrait pas sortir car il était inadapté pour les enfants, et aujourd’hui, devinez qui a participé à la production de la version longue… ?

Frankenweenie (2012)

De Tim Burton. Avec les voix de Charlie Tahan, Winona Ryder, Martin Landau…

Durée : 1h27

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