Nous York : un album de vacances entre potes

Une joyeuse bande de trentenaires se retrouve à New York, ville de leurs rêves et de leurs désillusions. Samia (Leïla Bekhti) et Gabrielle (Géraldine Nakache), amies d’enfance, ont tenté leur chance de l’autre côté de l’Atlantique, mais deux ans après leur départ, leurs projets n’ont pas vraiment décollé. Michael (Manu Payet), Nabil (Nader Boussandel) et Sylvain (Baptiste Lecaplain), les rejoignent le temps d’une semaine de vacances pour découvrir The Big Apple. La fête d’anniversaire grandiose de Samia et l’appartement de luxe dans lequel elle vit représentent le vernis qui craquèle peu à peu au cours du film. Sous ce vernis, se révèlent des mensonges à soi-même, une amitié mise à l’épreuve, et l’absence difficile d’un entourage resté en France.

Dans ce long-métrage, le travail sur l’image se manifeste dès le générique, qui ne manque pas de créativité visuelle. Les noms de l’équipe du film se fondent dans une prise de vue aérienne faisant défiler le haut des buildings et des avenues new-yorkaises. Associé à une musique dynamique et calculée pour coller à chaque scène, ce travail visuel passe aussi par des effets de contraste, par exemple entre la ville colorée et l’appartement blanc immaculé d’une riche Américaine. Central Park, la statue de la Liberté, Time Square, tout est là. Ce qui n’est évidemment pas un problème en soi, quoique dans ce contexte, ces images tournent souvent à la carte postale.

Après les premières scènes d’introduction et la soirée d’anniversaire, la trame narrative de Nous York se relâche au risque de se perdre. De mon point de vue, l’impression dominante est celle d’un récit de souvenirs de voyage lors d’une soirée entre amis. Par moments, les scènes s’enchaînent mais souffrent d’un manque de liant. C’est comme lorsque des amis vous racontent un voyage auquel vous n’auriez pas participé, il est difficile de parvenir à entrer pleinement dans le récit et surtout d’en partager les émotions. C’en devient presque un peu frustrant. Cependant, les galères de leur aventure peuvent renvoyer le spectateur à ses propres souvenirs : des problèmes de logement, un type qui ronfle dans l’auberge de jeunesse, les sacs de voyage à trimballer dans la ville.

Les personnages de Nous York restent attachants en eux-mêmes et à travers leurs relations d’amitié, qui sonnent juste. Les petits gestes, les regards, les vérités difficiles à entendre, les vannes, la solidarité, rien ne semble feint. Cette énergie se teinte de nostalgie, jusqu’au soulagement quand ils peuvent enfin rentrer en France. Plusieurs critiques ont catégorisé cette réalisation dans la catégorie «film de potes», ce qui est loin d’être une insulte mais, dans ce cas, a plutôt été accompagné d’une impression négative. En définitive, il ne s’agit pas d’un film indispensable. Il a néanmoins le mérite de ne pas prendre le spectateur pour un imbécile, en lui proposant des personnages nuancés. L’effet est toutefois moins marquant que dans Tout ce qui brille, précédent long-métrage du duo Géraldine Nakache et Hervé Mimran.

Nous York (2011)

De Géraldine Nakache et Hervé Mimran. Avec Leïla Bekhti, Géraldine Nakache, Manu Payet, Nader Boussandel, Baptiste Lecaplain, Marthe Villalonga…

Durée : 1h38

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