Populaire, quand la dactylo devient un sport

Nous voilà plongés à la fin des années 1950, le spectre de la Seconde Guerre Mondiale n’est pas loin mais les gens rêvent de modernité et d’avenir. Populaire nous invite à assister à la rencontre entre la jeune et enthousiaste Rose Pamphyle (avec un «y» !) et le complexe assureur Louis Echard. Elle, souhaite devenir secrétaire pour découvrir le monde et se passionne pour la machine à écrire, lui veut en faire la championne du monde des dactylos. La relation d’entraîneur avec sa pouliche va se muer peu à peu en une romance à assumer. A sa façon, parfois malhabile, Louis veut conduire Rose à réaliser son envie de voir du pays et d’avoir une vie plus trépidante.

Déborah François nous livre une version convaincante de cette jeune femme débordant d’énergie. Loin d’être ingénue, elle n’en conserve pas moins une fraîcheur accompagnée d’une touchante maladresse. Romain Duris enfile parfaitement les chaussures de l’assureur désabusé de Lisieux, hanté par la guerre et par l’échec d’une relation amoureuse avec une femme qui en a finalement épousé un autre. Pour préparer le film, l’actrice principale a fait le plein de films avec Audrey Hepburn et s’est entraînée à taper à la machine, tandis que son partenaire a obtenu des conseils de coaching auprès de Régis Brouard, qui était alors l’entraîneur de l’équipe de football de Quevilly. Le duo, qui fonctionne très bien à l’écran, fait rapidement apparaître une sensualité certaine. La femme se pose en séductrice, tandis que l’homme n’accepte pas ses propres sentiments.Populaire-affiche

Populaire est avant tout un exercice de style particulièrement réussi dans sa mise en scène comme dans son interprétation. La comédie romantique des années 1950, sa musique d’époque, ses hommes paternalistes en costume, ses femmes apprêtées en quête de plus d’autonomie, son histoire d’amour, et son happy end, le cahier des charges est respecté. A ce titre, ce film me fait penser à l’engouement qu’a suscité la sortie de The Artist. Le long-métrage, vraiment soigné, de Michel Hazanavicius, rend hommage aux films muets confrontés aux débuts du cinéma parlant. Il en respecte les codes à la lettre pour un résultat au cordeau. D’ailleurs, les deux films partagent le même directeur de la photographie, Guillaume Schiffman, et ont une actrice en commun, Bérénice Bejo.

L’univers du film de Régis Roinsard se colore progressivement, à mesure qu’il s’élargit, partant du petit village de Rose pour finir aux États-Unis pour la finale mondiale du championnat. Dans la première partie, la façon de filmer s’organise autour de nombreux plans fixes et de champs – contre champs. La caméra suit un chemin plus dynamique lors de la rencontre entre les deux protagonistes, puis ce choix de mise en scène devient plus fréquent tout au long de leur périple. Pas de doute, Populaire fait passer un bon moment de détente. Certaines scènes de comédie se distinguent vraiment du reste, notamment celle du quiproquo de «la fiancée» qui en révèle long sur la dynamique piquante du couple et sa sensualité. Populaire reste avant tout un «joli» film, qui inscrit chaque détail (costumes, musique, objets, décors, mentalité des personnages…) dans l’époque choisie.

Populaire (2012)

De Régis Roinsard. Avec Déborah François, Romain Duris, Bérénice Bejo, Shaun Benson…

Durée : 1h51

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2 commentaires pour Populaire, quand la dactylo devient un sport

  1. J’ai bien aimé ce film mais j’ai préféré de loin « Comme des frères » ;o)

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