The Hobbit : en toute absence d’objectivité

Comme le laissait entrevoir mon texte précédent sur le film de Peter Jackson (avant même sa sortie), je ne peux me targuer d’une once d’objectivité concernant le monde de la Terre du Milieu et son adaptation en films. Replonger dans cet environnement visuel et sa mythologie, à l’occasion de la sortie du Hobbit, ce fut étrangement délicieux. Tout est construit pour faire balancer le spectateur entre le connu et la nouveauté. Près de dix ans après la sortie du dernier volet du Seigneur des anneaux (Le Retour du roi) sur grand écran, le réalisateur néo-zélandais nous immerge dans son univers dès les premières notes de la musique composée par Howard Shore. Ce dernier introduit habilement des variations autour des thèmes qu’il avait déjà créés pour la Comté (The Shire), Gandalf ou Gollum, et ajoute de nouveaux morceaux pour accompagner notamment la troupe des Nains.

Les premières images nous conduisent dans la maison familière de Bilbo juste avant qu’il n’organise sa fête d’anniversaire, qui marque le début du film La Communauté de l’anneau. Le Bilbo âgé s’adresse à son neveu Frodo, puis retourne à l’écriture de ses mémoires. Tout à ses souvenirs, son esprit retourne alors dans le passé. The Hobbit multiplie ce genre de clins d’œil tout au long de l’histoire. Comme dans les livres, La Communauté de l’anneau montrait les trolls statufiés, The Hobbit nous explique la mésaventure qui les a menés à cette fin. Enfin, nous découvrons le face à face qui conduisit Bilbo à fuir Gollum avec son «Précieux» en poche. Ne serait-ce que pour ces explications détaillées, un fan du Seigneur des anneaux a de fortes chances d’apprécier ce nouveau long-métrage.

Comme promis, Peter Jackson nous propose de nombreux éléments complétant l’aventureLe-Hobbit de Bilbo, des Nains, et de Gandalf, mais aussi la montée en puissance de Sauron. Le récit s’ancre plus profondément dans l’histoire de la Terre du Milieu pour annoncer les évènements qui suivront jusqu’à la destruction de l’anneau. Les protagonistes croisent le chemin de figures bien connues comme Elrond, Galadriel, ou Saruman, et ils découvrent en même temps que le spectateur des personnages comme le sorcier Radagast ou le Roi des Gobelins. Retourner dans des lieux qui nous ont fait rêver lors de la précédente trilogie, comme La Comté ou Fondcombe (Rivendell), donne parfois l’impression d’être à la place de Marty McFly dans Retour vers le futur.

Pour ce qui est des choix techniques de prise d’image de Peter Jackson, je dois avouer que je n’en ai pas fait l’expérience. Premièrement, très peu de salles proposent une projection en 48 images par seconde (contre 24 images dans un film traditionnel). Cette technique doit permettre de donner à l’image un effet de réalisme amplifié pour s’immerger d’autant plus dans l’environnement. Certains spectateurs ont cependant peu apprécié cette nouveauté qui donnerait mal au crâne. Quant à la 3D, je n’en suis résolument pas du tout adepte et essaie de l’éviter au maximum. Néanmoins, les films qui ont été fabriqués expressément pour la 3D peuvent produire un effet de profondeur intéressant, en particulier pour ceux qui mêlent prise de vue réelle et images de synthèse.

Pour résumer, loin d’être déçue, j’ai replongé la tête la première dans l’univers de Tolkien vu par Peter Jackson. Pour ceux qui ont apprécié la trilogie précédente, pas d’hésitation à avoir. Une précision toutefois, le ton du film bascule vers davantage d’humour et de légèreté, sans manquer d’action. Tout cela en accord avec les livres d’origine, bien entendu !

Le Hobbit : un voyage inattendu (2012)

De Peter Jackson. Avec Martin Freeman, Ian McKellen, Richard Armitage, Andy Serkis…

Durée : 2h45

Publicités
Cet article, publié dans Cinéma, Films, est tagué , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour The Hobbit : en toute absence d’objectivité

  1. Magneto dit :

    Arf, on aurait préféré une analyse moins subjective comme on a pourtant l’habitude d’en lire sur ce blog! Je ne sais pas encore si je vais voir le Hobbit, mais si l’argument c’est de dire que ça va plaire à ceux qui ont aimé la première trilogie, alors je n’irai pas. Pour moi SDA reste une grosse production, les textes sont mauvais, et le scénario ressemble à une succession de clichés hollywoodiens qui me rappellent étrangement Willow (l’histoire d’un nain qui doit rapporter un bébé (ou un anneau, who cares) pour tuer une méchante dans un monde plein de monstres et de magie…). Je n’ai pas du tout été transporté par l’univers de tolkien version Jackson, je trouvais que ça manquait d’imagination. J’ai même eu l’impression que deux chateaux censés être dans deux pays différents étaient en fait les mêmes, avec cette architecture néo-byzantine reconnaissable entre mille. Le livre est probablement très bon, mais les films ressemblent davantage à des produits ultra-markété par la machine hollywoodienne qu’un sincère souci de rendre hommage à un auteur… J’ai eu le même sentiment en allant voir alice de tim burton, et je n’ose pas aller vérifié si le film anna karénine a respecté ou massacré l’oeuvre magistrale de Léon Tolstoï.

  2. sandra dit :

    Bonjour,

    Je suis entièrement d’accord avec toi : un moment de pur bonheur ce film et je m’y suis plongée avec délice, en bonne fan de Tolkien….
    Bises,

    Sandra

  3. Ping : Le Hobbit : la désolation de Smaug, ça «cliffhanger» sévère | behindzescenes

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s