Ernest et Célestine, Les Cinq Légendes…une fin d’année en animation

Comme l’été et sa fin d’année scolaire, la période des fêtes de fin d’année s’avère particulièrement propice au succès des films d’animation. Sans forcément être consacrés à Noël, ils reprennent et adaptent parfois des contes traditionnels tout en leur apportant une touche de modernité. Nikko le petit renne 2, Jean de la Lune, Les Mondes de Ralph (Wreck-It Ralph)… la liste de ces petites surprises animées est longue. Pour ma part, je me concentrerai sur deux d’entre elles : Les Cinq légendes (The Rise of the Guardians) et Ernest et Célestine. Chacune faisant écho à une partie de l’enfance.

Pour commencer, prenons Les Cinq légendes qui s’appuie sur les mythes classiques du Père Noël, du Lapin de Pâques, de la Fée des dents (version anglo-saxonne de notre Petite souris nationale), du Marchand de sable, et de Jack Frost (l’esprit de l’hiver). A vrai dire, ce film s’inspire de la série de livres (qui va a priori compter une quinzaine de volumes au total) The Guardians of Childhood de William Joyce. Auteur et illustrateur de livres pour enfants, il a déjà travaillé à plusieurs reprises avec Disney et Pixar sur des projets de films d’animation (Toy Story, 1001 pattes…).

Les-Cinq-LegendesSur une musique d’Alexandre Desplat, c’est le jeune Jack Frost qui nous sert de guide à travers les univers des légendes relookées pour l’occasion. Le Père Noël garde sa bedaine, sa barbe et son habit rouge, mais il hérite aussi de deux tatouages imposants sur les avant-bras, d’un accent slave, d’une armée de Yétis et d’un traîneau ultramoderne. Tout en muscles, le Lapin de Pâques mesure 1,85 mètre, et arbore un accent australien ainsi que des boomerangs qu’il est prêt à dégainer. La Fée des dents et ses petites acolytes apparaissent comme un croisement entre un colibri et une fée. Le Marchand de sable, dont le personnage est entièrement constitué, porte bien son nom avec sa bonhommie rondouillarde et sa placidité. La fine équipe doit affronter le Croquemitaine (Pitch/Boogieman) qui souhaite instaurer le règne de la peur et du cauchemar parmi les enfants du monde entier.

Pleines d’humour, les scènes et les répliques s’enchaînent comme un rien et démontrent une fois de plus les progrès impressionnants accomplis dans le domaine de l’animation. La finesse du grain de sable, des plumes de la Fée, de la barbe du Père Noël, ou encore des expressions du visage de Jack Frost, renforce la crédibilité de cette joyeuse bande et facilite l’immersion du spectateur dans leur univers. Rires et émotions garantis en tout cas avec cette histoire bien rythmée qui ne laisse pas de place à l’ennui.

Les Cinq légendes (2012)

De Peter Ramsey. Avec les voix, en version originale, de Chris Pine, Isla Fisher, Alec Baldwin, Hugh Jackman, Jude Law…

Durée : 1h37

Le film Ernest et Célestine est tiré d’une série d’albums illustrés du même nom. Publiée par l’écrivain et illustratrice belge Gabrielle Vincent entre 1981 et 2000, cette série de livres compte une vingtaine d’albums et raconte les aventures de l’ours Ernest et de la souris Célestine. Aller voir ce dessin animé, c’était d’abord l’occasion de réveiller les souvenirs d’enfance d’une lectrice de ces ouvrages. La poésie et la singularité qui se dégagent de ces dessins et de l’histoire elle-même poussent également à se rendre dans les salles obscures. Réalisé par Benjamin Renner, Stéphane Aubier, et Vincent Patar, le film reste fidèle à l’univers visuel et narratif de Gabrielle Vincent, tout en créant une histoire inédite. L’auteur Daniel Pennac (Au Bonheur des ogres, Monsieur Malaussène…) a écrit le scénario qui dépeint la première rencontre entre l’ours marginal et affamé Ernest et laernest-et-celestine souris orpheline et intrépide Célestine. Tous deux dotés d’un sacré caractère, ils apprennent à s’apprivoiser et s’allient contre les préjugés de leurs communautés respectives.

Ce film d’animation vous emporte dans un univers plein de tendresse, sans pour autant verser dans la mièvrerie ou le manichéisme. Il parvient à aborder des thèmes difficiles, comme l’abandon ou la pauvreté, sans trop les adoucir, tout en restant toujours à la portée des enfants. En quelques coups de crayon, l’art graphique mis au service du récit crée des atmosphères uniques, et s’admire également pour lui-même. Le trait n’est pas caché, parfois presque comme dans un croquis, et l’animation n’est pas surchargée pour privilégier l’émotion des personnages et l’ambiance de leur environnement. Cette simplicité, qui entretient un lien fort avec les livres d’origine, peut toucher le spectateur d’autant plus qu’elle plonge à contre-courant de tout ce qui se fait actuellement en termes d’animation. En parallèle, un autre versant de l’animation m’a marquée et m’a fait penser à l’animation japonaise, dans les mouvements et les expressions faciales des personnages. D’ailleurs, Benjamin Renner revendique l’influence des dessins animés japonais comme ceux de Hayao Miyazaki (Mon Voisin Totoro, Kiki la petite sorcière, Le Voyage de Chihiro…), dans son travail. L’interprétation des personnages par les voix de Lambert Wilson et Pauline Brunner complète parfaitement l’œuvre qui donne vie aux pages des livres de Gabrielle Vincent.

Ernest et Célestine (2012)

De Benjamin Renner, Stéphane Aubier, et Vincent Patar. Avec les voix de Lambert Wilson, Pauline Brunner…

Durée : 1h19

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