Quartet : le British style dans toute son élégance

Laissez-vous doucement transporter au rythme des journées de Beecham House, maison de retraite pour musiciens. Vous saurez y apprécier les paisibles paysages automnaux qu’offre la Grande-Bretagne, ainsi que la compagnie des pensionnaires. Bref, il ne s’agit pas ici d’écrire une brochure pour vous convaincre de réserver votre place en attendant vos vieux jours mais plutôt de rendre en partie l’atmosphère qui entoure la joyeuse bande de Quartet. Pour sa première réalisation, Dustin Hoffman a choisi de s’expatrier loin des Etats-Unis pour diriger la crème des acteurs britanniques et irlandais. Maggie Smith, Michael Gambon, Tom Courtenay, Billy Connolly, Pauline Collins, la moyenne d’âge dépasse les 70 ans. Pourtant, ce film ne sent ni la naphtaline, ni l’eau de Cologne surannée.

Il s’inspire à la fois d’une pièce de théâtre écrite par Ronald Harwood et d’un documentaire rendant compte du quotidien d’une maison de repos fondée par Giuseppe Verdi. Quartet nous invite à une immersion parmi des passionnés d’opéra et de musique classique, mais aussi au partage d’une vision positive de la vieillesse. Bien entendu, Beecham House est loin de refléter la maison de repos moyenne, mais nous sommes dans une fiction. quartetDans son projet, Dustin Hoffman tenait particulièrement à jouer la carte de l’authenticité. Ainsi, la plupart des autres pensionnaires de la résidence sont réellement d’anciens musiciens ou chanteurs professionnels.

Le cinéaste propose donc une vision positive de l’avancée dans l’âge, sans pour autant enjoliver la situation de ceux qui ont besoin d’une canne, qui souffrent d’une fragilité cardiaque ou d’une maladie d’Alzheimer. Pourtant, les protagonistes se définissent surtout autrement, par leur personnalité haute en couleur et leur projet de monter un concert pour sauver leur nouvelle demeure. La rivalité entre grands chanteurs n’empêche pas un certain sens de la solidarité et de l’attention portée à l’autre. Pas question non plus de vivre reclus. Le film aborde aussi l’importance de maintenir le lien entre les générations en invitant des classes d’élèves à échanger avec les musiciens de Beecham House. Le film parvient également à désamorcer tout risque de malaise ou de mélancolie en usant sans modération de l’humour british, tout en flegme et pince-sans-rire.

Du côté de ces dames, Maggie Smith se délecte dans son rôle de grande chanteuse à la gloire passée qui craint de ne pas être à la hauteur de sa réputation, et Pauline Collins incarne une femme qui a un peu perdu le nord mais pas une once de sa générosité ou de son enthousiasme. Pour ces messieurs, Tom Courtenay fait figure de point d’ancrage pour ses compagnons, tandis que la libido débordante de Billy Connolly et la délicieuse excentricité de Michael Gambon apportent leur lot de moments de légèreté. Leur vieillesse, ils choisissent d’en rire sans la nier. Loin de moi l’idée de prétendre que Quartet plaira à tous, mais mieux vaut chasser de son esprit la crainte de s’ennuyer devant un «film de vieux» pour ne pas passer à côté de ce premier long-métrage d’un jeune réalisateur… de 75 ans.

Quartet (2012)

De Dustin Hoffman. Avec Maggie Smith, Michael Gambon, Tom Courtenay, Billy Connolly, Pauline Collins…

Durée : 1h38

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