Tu seras un homme, une idée simple et originale

Sortie dans les salles le 15 mai 2013

Pour son sixième long-métrage, Benoît Cohen conserve des thématiques qui lui sont chères mais les revisite d’une façon bien différente. Dans Tu seras un homme, le cinéaste met en scène le lien qui se crée entre un jeune garçon mature mais renfermé et son baby-sitter, un jeune homme paumé à la vitalité communicative. Une fois encore, il s’agit de montrer un tournant décisif dans la vie des personnages, et la musique n’est jamais très loin de l’univers du réalisateur de Nos enfants chéris ou Tiger Lily.

Théo, 20 ans, débarque dans une maison où tout s’est sclérosé depuis l’accident du jeune Léo. Le père enchaîne les grosses journées de travail et se montre très protecteur envers son fils, tandis que la mère demeure absente. Chacun des protagonistes est interprété avec une conviction et un naturel marquants, notamment grâce à une écriture évitant les risques de caricature. Le choix des répliques et des mises en situation traduit une volonté de coller à une impression de réel, de quotidien. Au départ, l’action se centre dans la maison avec quelques brèves scènes à l’extérieur. Puis, au fur et à mesure, les scènes dans le jardin se multiplient jusqu’à l’escapade de Théo et Léo au bord de la mer, véritable bouffée d’air frais pour eux.

Tu seras un homme n’est certainement pas un film bavard qui nous assommerait à coups de dialogues interminables ou à grand renfort de musique. Il fonctionne sur quelques chansons du groupe French Cowboy. Les artisans de ce long-métrage font confiance à Tu-seras-un-hommel’intelligence du public sans expliciter chaque regard ou chaque réaction par une phrase. Le film n’esquive pas pour autant les questions que peuvent soulever chez certains l’intensité de l’amitié entre Théo et Léo. «J’aurais préféré une fille» comme baby-sitter, indique le père comme entrée en matière. Le soupçon de la pédophilie est également effleuré au cours d’une autre scène. Tout cela pour mieux souligner la simplicité d’une relation qui apporte au plus jeune un peu plus de légèreté et à son compère davantage de maturité.

Benoît Cohen a pour «habitude de travailler en famille, au sens large», que ce soit la sienne ou celle qu’il a formée avec des acteurs et des techniciens. Dans ce nouveau projet, il a choisi de donner le premier rôle à son fils, le rôle de la mère à sa compagne, et celui de Théo à l’acteur Jules Sagot qui fut lui-même le baby-sitter d’Aurélio Cohen. «Nous travaillons toujours avec Benoît sur une base assez personnelle. Nous avons écrit, par exemple, Nos enfants chéris juste après avoir eu un enfant», rappelle Eléonore Pourriat.

Au-delà du regard jeté sur les rapports entre proches, c’est aussi l’occasion pour le réalisateur de signer une nouvelle comédie, peut-être cette fois moins tournée vers la nostalgie que vers l’avenir d’une famille. L’humour direct vient avant tout des figures qui gravitent autour de la famille, le kinésithérapeute de Léo et principalement Théo, tandis qu’elle est plutôt source d’un humour indirect. Rire de et surtout avec les personnages, voilà ce que nous propose ce film basé sur une idée simple mais originale au cinéma.

 

Tu seras un homme (2013)

De Benoît Cohen. Avec Aurélio Cohen, Jules Sagot, Grégoire Monsaingeon, Eléonore Pourriat…

Durée : 1h27

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