Séries Mania : la coproduction européenne

Table ronde animée par Catherine Wright (Le Film Français). Avec Estelle Boutière (NPA Conseil), Stéphane Drouet (Making Prod), Richard Fell (Carnival Film & TV), Judith Louis (Arte), Christophe Valette (GMT Productions), Klaus Zimmermann (Lagardère Productions).

SPIES OF WARSAWDans le cadre du festival Séries Mania saison 4 (du 22 au 28 avril 2013 à Paris), plusieurs tables rondes ont été organisées pour les professionnels et le public. L’une d’elles, concernant la coproduction européenne, s’est concentrée sur trois études de cas : Odysseus (coproduction France-Italie-Portugal), Jo (France-Grande-Bretagne-Allemagne) et Spies of Warsaw (Grande-Bretagne-Pologne-Allemagne-France). Il existe bien entendu de nombreux autres exemples actuels de coproductions comme The Tunnel (France-Grande-Bretagne), Meurtres au paradis (France-Grande-Bretagne), ou Le Transporteur (France-Allemagne-Canda-Grande-Bretagne-USA). Face à la puissante force de frappe des Etats-Unis en matière de séries, certains voient la coproduction comme une façon de rassembler un budget plus conséquent mais aussi davantage de moyens pour exporter les séries ainsi produites. Jusque dans les années 1990, les projets européens se consacraient à des sujets historiques, et chaque pays participant adaptait sa propre version. Désormais, au-delà d’une simple question de montage financier, l’idée d’une unité éditoriale et artistique dans les œuvres fait son chemin.

Pour monter de tels projets, les équipes peuvent s’appuyer sur des budgets de départ multipliés en moyenne par deux voire trois par rapport à un budget national. Elles peuvent aussi choisir de multiplier leurs chances en recrutant des acteurs connus (Jean Reno dans Jo), en tournant en anglais pour exporter plus facilement, ou en engageant un showrunner (dirigeant l’écriture de la fiction) comme aux Etats-Unis (Tom Fontana pour Borgia). Le choix du thème de la série doit combiner une dimension d’universalité pour ne pas exclure l’un des pays tout en évitant de devenir trop standardisé. Bien souvent, il est alors question odysseusde l’Histoire (Versailles), du genre du polar (The Tunnel qui est un remake de la série scandinave Bron), ou des grands mythes fondateurs (Odysseus). En France, tous les diffuseurs historiques,  Arte, France Télévisions, Canal+, TF1, M6, s’impliquent dans des coproductions.

Dans le cas d’Odysseus, le budget pour 12 épisodes de 42 minutes a atteint 15 millions d’euros, soit 8 millions provenant d’Arte, 3 millions de la chaîne italienne Rai, 500 000 euros du Portugal, et 3,5 millions notamment grâce aux préventes. Le projet a mis pas moins de quatre années à aboutir au résultat final. La Rai n’est pas intervenue sur l’écriture mais au niveau du casting. La chaîne italienne présentera la mini-série sous un format différent de celui d’Arte, en coupant probablement certaines scènes de violence ou de sexe. Ils ont choisi de tourner en français, ce qui n’a pas empêché de vendre le projet à une vingtaine de pays dont le Brésil ou le Canada. Cependant, certains personnages ont été doublés en raison de leur accent trop important.

En revanche, pour Jo, la langue de tournage a été l’anglais afin de maximiser l’internationalisation de la série. L’équipe a eu recours au spécialiste du polar René Balcer comme showrunner, à des Français et un Québécois pour l’écriture, ainsi qu’à un regard artistique scandinave. Les participants à la table ronde ont d’ailleurs souligJOné la difficulté supplémentaire pour un scénariste de devoir écrire dans une autre langue que la sienne. Le fonctionnement d’écriture «à l’américaine» permet d’aller plus vite mais coûte plus cher. Entre qualité, rapidité, et bon marché, on ne peut en choisir que deux, formule Klaus Zimmermann. Selon lui, tourner avec une partie de l’équipe venant des États-Unis suppose aussi des contraintes financières supplémentaires. Il évoque d’importants frais juridiques, notamment par rapport aux puissants syndicats américains dans le domaine de l’audiovisuel.

Basée sur un roman d’Alan Furst, la mini-série Spies of Warsaw se déroule dans une période historique, avant la Seconde Guerre Mondiale, en Pologne. Pour le choix de la langue, les personnages allemands parlent en allemand, tandis que les autres s’expriment en anglais. Cette fiction marque la seconde coproduction entre Arte et BBC Worldwide, après Parade’s End. Selon Judith Louis, le pré-achat de série constitue un bon moyen pour apprendre à se connaître entre producteurs et envisager de futurs projets en coproduction. Les producteurs songent à créer une suite pour Spies of Warsaw. De son côté, Arte se lance dans la coproduction avec la NRK (Norvège) de la série Occupied, thriller politique ancré au cœur des enjeux pétroliers de l’océan Arctique.

Diffusions :

Jo, actuellement sur TF1

Spies of Warsaw, le 17 mai sur Arte

Parade’s End, les 7 et 14 juin sur Arte

Odysseus, à partir du 13 juin sur Arte

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