Expo : Musique et cinéma, le mariage du siècle ?

Comme indiqué dans mon profil, mon lecteur mp3 est rempli de bandes originales de films. Alors, vous comprendrez aisément que l’exposition «Musique et cinéma, le mariage du siècle ?» était faite pour moi. Ayant enfin trouvé un moment pour me rendre à la Cité de la musique à Paris, je ne fus certainement pas déçue du voyage. L’intelligence de la scénographie parvient d’une part à éviter tout parasitage entre les différents espaces sonores, et d’autre part à rendre l’exposition vivante voire même parfois ludique.

© Sally Stevens Photography. Steven Spielberg, John Williams, et Lisbeth Scott

© Sally Stevens Photography. Steven Spielberg, John Williams, et Lisbeth Scott

A l’entrée, des vitrines remplies de vinyles, de partitions, d’affiches, offrent à l’écoute une sélection de grandes musiques de films. Une autre installation permet de s’assoir au creux d’un fauteuil surmonté d’une sorte de niche sonore diffusant un florilège de compositeurs comme Ennio Morricone pour les westerns de Sergio Leone. Les organisateurs de l’exposition ont voulu mettre en avant le lien essentiel, le «mariage», tissé entre un réalisateur et son compositeur. John Williams et Steven Spielberg, Tim Burton et Danny Elfman, James Cameron et James Horner, sont autant de duos inséparables, de vieux couples, illustrant l’importance de partager un univers commun. Certaines vitrines contiennent des lettres de réalisateurs à leur compositeur ou vice-versa, des prises de notes. Au détour d’une allée, des écrans diffusent des interviews et des extraits de making-of montrant le quotidien de la collaboration entre ces deux métiers.

Contrairement à ce qu’on peut croire, la musique n’est pas toujours créée à partir des images du film, loin de là. Elle se révèle parfois comme une source d’inspiration ou s’écrit à partir du scénario. C’est notamment le cas pour plusieurs comédies musicales comme Un Américain à Paris, de Vincente Minnelli, Les Parapluies de Cherbourg, de Jacques Demy, ou Les Chansons d’amour, de Christophe Honoré. Lorsque la musique n’est pas encore composée au moment du tournage, certains réalisateurs choisissent de diffuser d’autres morceaux sur le plateau afin de mettre les acteurs dans l’ambiance recherchée. Ces musiques temporaires peuvent parfois même devenir définitives.

© Sally Stevens Photography. Séance d'enregistrement de Superman dirigée par le compositeur John Ottman

© Sally Stevens Photography. Séance d’enregistrement de Superman dirigée par le compositeur John Ottman

A l’époque du cinéma muet, il était courant que des musiciens jouent durant le tournage. C’est d’ailleurs probablement l’exemple le plus frappant de l’importance de la musique au cinéma. Les partitions de piano constituent alors le seul son touchant l’oreille des spectateurs. L’exposition donne également à voir des accessoires comme un «violon silencieux» utilisé sur le tournage d’Un cœur en hiver, de Claude Sautet, pour permettre à Emmanuelle Béart de faire semblant de jouer du violon. Bien souvent, la musique se crée au moment de la postproduction, lorsque le montage est déjà plus ou moins avancé. Le compositeur s’inspire alors des images tout en respectant un timing et le rythme du montage. L’exposition donne aussi accès à un «studio de mixage» simplifié qui permet au visiteur de tester les équilibres sonores entre dialogues, bruitages, ambiance, et musique.

Dans un dernier espace, me voilà face à un juke-box géant empli de grands airs connus d’œuvres cinématographiques. Des enfants s’arrêtent devant et ne se font pas prier pour jouer avec la machine. Enfin, l’exposition se termine dans la fraicheur d’une salle de projection offrant des extraits de films caractérisés par leur accompagnement musical.

© Sally Stevens Photography. Hans Zimmer

© Sally Stevens Photography. Hans Zimmer

Une musique de film réussie ne prend jamais le pas sur l’action, elle l’accompagne. Elle sait toutefois se faire entendre, et peut tour à tour renforcer une émotion, créer la surprise, ou dénoter intentionnellement avec les images pour annoncer par exemple un évènement perturbateur. De nombreux thèmes musicaux, tellement forts et distinctifs, se mettent à exister dans l’imaginaire collectif au-delà de leur film d’origine. Indiana Jones, James Bond, la Guerre des étoiles…a priori, nous sommes tous capables de remporter des points avec ces thèmes-là au cours d’un blind test.  L’exposition se poursuit jusqu’au 18 août 2013, il vous reste donc encore un peu de temps pour lui rendre visite !

Publicités
Cet article, publié dans Behind The Scenes, Cinéma, Soundtrack, est tagué , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s