The Bling Ring, Frances Ha : des jeunes en quête d’aventures

Des jeunes qui se cherchent, voilà ce qu’abordent, d’une façon radicalement différente, les films The Bling Ring et Frances Ha. D’un côté, il s’agit du nouvel opus de la filmographie de Sofia Coppola, fascinée par la jeunesse et ses errances, de l’autre, d’un petit ovni indépendant plein de charme et de fraîcheur.

the_bling_ringParmi les films de Sofia Coppola, autant Virgin Suicides et Lost in Translation m’ont vraiment marquée, Marie-Antoinette m’a bien accrochée, autant Somewhere et The Bling Ring m’ont laissée plus dubitative. Dans chaque cas, les longs-métrages se focalisent sur le destin d’adolescents ou de gens pas encore passés à l’âge adulte. The Bling Ring se base sur des faits réels autour d’un gang de jeunes aisés et désœuvrés qui s’est lancé dans le cambriolage de maisons de célébrités. Il ne s’agit pas simplement d’accumuler des richesses mais aussi d’obtenir les derniers accessoires à la mode et de découvrir l’intimité de leurs idoles. D’un point de vue sociologique, l’idée de départ est plutôt séduisante. D’ailleurs, le film parvient à capter certains comportements avec justesse, sans les juger ni les excuser.

Marc, nouvel élève, passe en un clin d’œil d’un statut de type un peu ringard à celui de jeune branché et populaire, tout cela essentiellement à mettre en lien avec ses nouvelles fringues à la mode. Le règne de l’apparence fait loi dans cet univers. Vite, on poste une photo pour montrer sur les réseaux sociaux qu’on passe une bonne soirée. L’amitié de Rebecca pour Marc vole en éclats à la minute où les problèmes arrivent. L’aspect atterrant de cette histoire tient surtout au discours, composé de bribes entendues ça et là à la télévision ou sur le web, des filles qui justifient leurs actes, se dédouanent de toute responsabilité, comme si rien ou presque ne prêtait à conséquence. Néanmoins, la réalisation du film ressemble, bien souvent, davantage à une publicité géante pour des marques de luxe qu’à une plongée sociologique au cœur de ces personnages.

Dans un genre diamétralement opposé, Frances Ha aborde pourtant aussi les difficultés semées sur le chemin vers l’âge adulte. Le personnage principal, Frances, rêve de devenir danseuse dans une compagnie et se laisse vivre en attendant une place qui ne se libère pas. La différence majeure entre les deux films tient à la nature même de l’idéal rêvé par les personnages. Dans le premier cas, il est surtout question d’exister au regard des autres, alors que dans le second cas, c’est avant tout la quête de soi qui est mise en avant. Filmé en noir et blanc, le long-métrage de Noah Baumbach se vit comme une fresque impressionniste faite de petites touches d’émotions, de moments de vie et de quotidien.frances-ha L’actrice Greta Gerwig incarne avec une fraîcheur et un naturel impressionnants une Frances perdue entre son rêve, la réalité, et l’éloignement de sa meilleure amie. Pleine de restes enfantins, cette jeune femme attachante traverse une période de «loose» et de doute qui la rapproche en miroir des spectateurs.

Le scénario alterne, avec succès, des scènes de dialogues assez fournis et des scènes en musique montrant Frances assise dans le métro ou courant dans les rues de New York. La bande originale s’avère particulièrement efficace, notamment entre «Modern Love» de David Bowie et «Every 1’s a Winner» de Hot Chocolate. Ecrite par  Noah Baumbach et Greta Gerwig, la trame narrative parvient en quelques mots à cerner les différentes étapes de l’amitié entre Frances et Sophie. Les échanges ne sont pas toujours très nombreux mais font mouche à chaque occasion. Quant à la danse, loin d’être un simple prétexte, elle apporte au film à la fois une beauté et une légèreté presque aérienne. Les scènes de danse sont d’ailleurs souvent tout aussi parlantes que celles contenant des dialogues.

En termes de ressenti et de partage d’émotions, nul doute que Frances Ha sort vainqueur de ce face à face. Pour The Bling Ring, Sofia Coppola explique elle-même qu’elle a souhaité rester en position d’observatrice et cette distance rend difficile une quelconque forme de sympathie pour ses personnages.

The Bling Ring (2013)

De Sofia Coppola. Avec Katie Chang, Israel Broussard, Emma Watson…

Durée : 1h31

Frances Ha (2012)

De Noah Baumbach. Avec Greta Gerwig, Mickey Sumner, Michael Esper…

Durée : 1h26

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