Conseil en série : Orange is the New Black

Tout le monde en parle, et à juste titre. Orange is the New Black est la dernière production en date de la plateforme Netflix. Il faut dire qu’elle propose une série de qualité qui ne se contente pas de surfer sur une tendance déjà existante. Certes, ce n’est pas la première série sur l’univers carcéral. L’excellente Oz développe une version dure, au plus près du réalisme, sans prendre de gants. La violence, la promiscuité, le mal-être des prisonniers, constituent le moteur narratif de l’œuvre de Tom Fontana (Borgia, Copper…). Dans le genre série d’action, il y a par exemple Prison Break qui suit les multiples plans d’évasion de Michael Scofield pour sauver différents membres de sa famille.

Orange is the New Black offre une alternative et pourrait être rapprochée de la série canadienne Unité 9. Outre le fait qu’elle se concentre sur une prison pour femmes, elle parvient à balancer intelligemment entre le drame et les instants de comédie. Pour être honnête, il s’agit d’un établissement pénitentiaire «modèle», atténuant certaines réalités de surpopulation et de conditions d’hygiène inexistantes. Mais cela n’a rien à voir non plus avec une version soap et glamourisée de la détenorange-is-the-new-blacktion. Cette fiction atteint un équilibre délicat et efficace entre rire et émotion. Après les scènes glaçantes du quartier d’isolement ou du garde pervers, chaque respiration d’humanité ou d’humour est la bienvenue.

Les figures féminines comme masculines sont bien distinctes, présentant un profil travaillé. Les personnages portent parfois des traits de caractère flirtant avec le cliché, mais suffisamment distillés et enrichis dans une histoire personnelle évoquée à travers des flashbacks. Au fil du temps passé avec les détenues, ces flashbacks suscitent de plus en plus la curiosité. Le protagoniste, Piper Chapman, permet de découvrir le système et les règles tacites qui gèrent la prison. Cette femme, à la personnalité parfois agaçante mais intéressante, nous réserve des surprises dans son comportement et quelques révélations inattendues. Et le véritable inattendu, pas si courant de nos jours dans les séries, est plus qu’appréciable.

Pour les détenues comme pour les spectateurs, les souvenirs « hors prison » permettent de prendre une respiration loin de l’enfermement. La série nous donne aussi un aperçu du dehors en montrant ce que devient le fiancé de Piper. Le sort des familles et leurs relations avec les prisonnières sont également observés sans voyeurisme lors des scènes de visite. La richesse de cette fiction tient surtout à son regard humaniste sur un microcosme en marge de la société, sans porter de jugement direct sur les choix de vie. En un mot, n’hésitez pas à regarder cette série qui, avec Rectify, acquiert le statut de découverte de l’année 2013. Vivement la saison 2…

Orange is the New Black

Créée par Jenji Kohan (Weeds)

Avec : Taylor Schilling, Laura Prepon, Michael Harney, Jason Biggs, Michelle Hurst, Kate Mulgrew…

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