Gravity : un thriller spatial saisissant

A l’heure où se développent de futurs voyages touristiques dans l’espace, Alfonso Cuaron a réalisé Gravity, un thriller spatial techniquement époustouflant. Avant de me rendre en salle obscure, l’espace c’était déjà «très peu pour moi, merci». Ce film est parvenu à renforcer cette position. D’une part, l’aventure vécue par Ryan Stone (Sandra Bullock) et Matt Kowalsky (George Clooney) fait davantage pencher du côté de l’effroi que vers l’envie. D’autre part, en voyant Gravity, j’ai effectué mon voyage dans l’espace donc pas besoin d’un deuxième.

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A en croire plusieurs astronautes qui ont accordé des interviews à propos du film, la représentation de l’espace et de ses sensations, notamment d’apesanteur, flirtent avec un réalisme troublant. Pourtant franche réfractaire à la 3D, je dois reconnaître qu’elle apporte dans cet univers une substance encore plus forte aux prouesses technologiques employées. C’est un très bon moyen de plonger le spectateur au cœur du ressenti des personnages. Le cinéaste mexicain va jusqu’à nous faire entrer puis ressortir du casque de Ryan Stone. Le long métrage a été fabriqué en grande partie grâce à un mélange entre de l’infographie et de l’animation afin d’être le plus pertinent possible. Il faut saluer le travail du directeur de la photographie Emmanuel Lubezky comme celui du superviseur des effets spéciaux Tim Webber.

Au-delà des images impressionnantes de la terre vue d’en haut, du lever de soleil, ou de l’immensité environnante, la mise en scène parvient à transmettre la perte totale de repère. Les longs tourbillonnements de Sandra Bullock donnent presque le vertige, et certains en viendront peut-être à imiter inconsciemment sa respiration saccadée. L’identification se fait aussi du fait que le spectateur et Ryan Stone partagent en quelque sorte l’expérience de leur première sortie dans l’espace. Le choix de filmer essentiellement avec de longs plans séquence participe également à mettre en place l’impression de zéro gravité, comme si même la caméra ne pouvait pas arrêter son mouvement jusqu’à rencontrer un obstacle.

Le développement du film a duré pendant plus de quatre ans, le temps de mettre au point plusieurs instruments technologiques inédits comme la «light box» ou de nouveaux systèmes de câbles pour reproduire au mieux l’apesanteur. Avant d’utiliser ce matériel, l’équipe du film avait brièvement envisagé du «motion capture» ou de la «performance capture» sous l’eau mais le rendu n’était pas suffisamment convainquant pour être globalisé. Le tournage demandait une telle précision de mouvement que l’étape de prévisualisation par ordinateur a été particulièrement détaillée par rapport à un tournage plus classique. C’est aussi là qu’on se rend compte du niveau de qualité des images de synthèse qui fusionnent avec le reste et ne portent aucun préjudice à la crédibilité.gravity02

Toujours dans une volonté de nous plonger dans l’espace, le réalisateur joue constamment avec les différences d’échelles. Dans un plan large, il met en toile de fond l’immense globe terrestre, et au premier plan, la petite station spatiale et deux points minuscules qui représentent les astronautes. Difficile alors de ne pas ressentir notre infinie insignifiance rien qu’à l’échelle de notre système solaire (oui, c’est cliché mais cela reste plutôt à propos).

A côté de cette louange, je ne classerai cependant pas Gravity au rang de chef d’œuvre. Le scénario reste assez simple, frôlant parfois la platitude. Mais, exceptionnellement, ce n’est pas un problème en soi car l’action nous happe malgré cela. En revanche, dans la seconde partie du film, le personnage de Ryan Stone semble en décalage avec les ambitions de ce projet cinématographique. Par moments, l’histoire, mais aussi certains dialogues et traits de la psychologie des personnages ne s’épargnent pas quelques clichés. Durant la projection, j’ai dû passer à côté d’un niveau de lecture plus métaphorique du film. Pour autant, l’expérience vaut vraiment le coup d’être vécue sur grand écran.

Gravity (2013). Durée : 1h30.

De Alfonso Cuaron. Avec Sandra Bullock, George Clooney…

Directeur de la photographie : Emmanuel Lubezky

Superviseur des effets spéciaux : Tim Webber

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5 commentaires pour Gravity : un thriller spatial saisissant

  1. Mamacocha dit :

    J’ai eu mal au ventre pendant toute la projection… mais je pense que ça veut dire que le film est réussi!! j’étais dedans!

  2. auroreinparis dit :

    On ne peut pas lui dénier le caractère époustouflant de sa plastique. Néanmoins, il s’est totalement reposé la dessus.
    C’est bluffant graphiquement, mais c’est tout.

  3. nicolas dit :

    D’accord avec aurore : une technique bluffante qui noie un scénario plombé par ses influences émotionnelles. Loin d’être un chef d’œuvre à mon sens, raison simple : tout le monde s’accorde à dire que s’en est un. Une expérience folle, tout de même, qui ne m’a pas beaucoup marqué. Ma critique explique tout ceci avec plus d’attention : http://bit.ly/17BMjMQ Dis moi ce que tu en penses.

    • @Nicolas : je suis assez d’accord avec toi par rapport à l’aspect Hollywoodien et aux métaphores qui ne font pas forcément mouche ! Pour autant, bizarrement, je ne me suis pas sentie totalement flouée par cette expérience cinématographique 🙂

  4. Ping : Gravity d’A Cuaron | Les petits mots de Flo

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