Changer d’année avec une bonne dose de ciné

A l’approche des fêtes de fin d’année, tout se ralentit et j’ai profité de l’occasion pour enchaîner quelques heures au cinéma. Il en est ressorti une sélection plutôt éclectique : le dernier Disney ‒ La Reine des neiges ‒, Casse-tête chinois, The Lunchbox, et La Vie rêvée de Walter Mitty. Un film indien, des princesses dans le grand Nord, des Français à New York, un Américain en Islande, comme souvent le voyage était au centre de ces expériences cinématographiques.

Les protagonistes de ces quatre films ont chacun à leur façon des envies d’ailleurs. Il ne s’agit pas forcément de se rendre à l’autre bout du monde mais de voir son quotidien changer et de faire des rencontres. C’est aussi un espoir de rompre une situation de solitude et de monotonie, pour une femme délaissée par son mari, une princesse séparée de sa sœur, ou un employé discret en mal d’amour.

LaReineDesNeigesComme souvent, Disney a pris son inspiration dans un conte, ici de Hans Christian Andersen. Avec La Reine des neiges (Frozen en version originale), Disney revient à son plus haut niveau en proposant une histoire épargnée par le manichéisme et bon nombre de clichés. Bien entendu, il y a de l’amour, des princes et des princesses, mais ici la relation centrale est bien celle qui lie deux sœurs que le destin a éloignées. Avec son pouvoir incontrôlable sur la neige et la glace, Elsa se retrouve isolée, tandis qu’Anna met tout en œuvre pour renouer avec elle. Le récit détourne la fameuse scène de la princesse passive qui attend que son prince vienne la délivrer. Dans Frozen, les jeunes femmes accèdent à une prise de pouvoir sur leur propre vie.

L’équipe de Disney n’en oublie pas les personnages secondaires pour autant, avec le courageux Kristoff et le désopilant bonhomme de neige, Olaf, dont certaines répliques absurdes valent le détour. Au-delà de cet aspect moderne et appréciable du traitement des personnages principaux, le film d’animation prouve une fois de plus à quel point la technologie permet désormais de maîtriser les matières, les mouvements et les expressions. La glace, qui tient ici une place déterminante, revêt avec réalisme son aspect translucide et parfois suintant dans chaque décor. Et puis, pour tout dire de l’efficacité du film, cela faisait depuis Le Roi lion que des chansons d’un Disney ne m’étaient pas restées dans la tête.

La Reine des neiges (2013)
De Chris Buck et Jennifer Lee. Avec les voix en version originale de Kristen Bell, Idina Menzel, Jonathan Groff…
Durée : 1h42

L’attachement que j’ai pour les Disney de mon enfance me pousse à aller voir les suivants. Dans un registre moins intense mais relevant aussi de la familiarité, je ne pouvais pas passer à côté de Casse-tête chinois, dernier volet de la trilogie de Cédric Klapisch autour de la bande de Xavier. Pour beaucoup, L’Auberge espagnole a acquis, à sa sortie,  le statut de film culte d’une génération. La vingtaine, Xavier découvrait les joies de la colocation à Barcelone, avant de trouver l’amour à 30 ans dans Les Poupées russes. Arrivé à 40 ans, il doit jongler entre ses enfants, sa séparation, et un déménagement à New York. Plein de nostalgie, ce troisième volet brosse un dernier portrait d’une galerie de personnages bien connus des spectateurs.CasseTeteChinois

Il est sympathique de découvrir ce que Xavier, Wendy, Isabelle, et Martine sont devenus entre-temps. Chacun ayant désormais sa famille, ils n’en restent pas moins liés par leur passé tout comme leur avenir. La présence des enfants influe sur le comportement des personnages mais elle n’étouffe pas la possibilité de raconter des histoires d’adultes. Il faut reconnaître que le réalisateur maîtrise l’art de montrer le quotidien et ses galères, de poser des dialogues naturels, et de gérer correctement l’usage d’une voix-off (qui peut souvent alourdir un récit). Cédric Klapisch assume le fait de proposer une suite, notamment en conservant le design du générique mais aussi en y intégrant une scène de tromperie et de sprint à travers la ville, comme dans L’Auberge espagnole. En bref, comment changer en restant soi-même… ?

Casse-tête chinois (2013)
De Cédric Klapisch. Avec Romain Duris, Audrey Tautou, Cécile de France, Kelly Reilly…
Durée : 1h54

la-vie-revee-de-walter-mittyExit la grosse comédie qui fait peu de cas de la nuance. Ben Stiller, réalisateur, a décidé d’offrir à Ben Stiller, acteur, un rôle dans la retenue et l’émotion. Pour cette nouvelle réalisation, il s’est inspiré d’une comédie de 1947 ‒ La Vie secrète de Walter Mitty ‒ avec Danny Kaye. Walter Mitty, employé discret pour le magazine Life, se perd régulièrement dans ses rêves éveillés où il s’imagine en héros ou en explorateur. Alors qu’il souhaite séduire une collègue, il se rend compte qu’il n’a pas vraiment d’histoire personnelle à raconter. Un signe en entraînant un autre, Walter, qui se trouve à un tournant de sa vie tout comme le magazine en route vers une version numérique, part à l’aventure. Le film a d’ailleurs été tourné en pellicule en cohérence avec son scénario.

Le profond changement que connaît Walter s’applique aussi à la structure du long-métrage lui-même. Il passe d’un rythme plutôt lent, entrecoupé de scènes d’action issues de son imagination, à une accélération et un mouvement constant à partir de son départ pour le Groenland. Au fur et à mesure de cette quête pour récupérer le négatif d’un photographe de renom, les rêves éveillés se raréfient et des moments de vie intenses les remplacent. Les choix de la bande originale accompagnent efficacement les scènes, aidant à transmettre le ressenti de Walter aux spectateurs, en particulier lors de sa longue descente en skate-board dans les reliefs islandais. A sa manière, ce film tire sa force des paysages, qu’ils soient urbains ou naturels, tout en cherchant à partager cet enthousiasme naissant d’une existence bien concrète.

La Vie rêvée de Walter Mitty (2013)
De et avec Ben Stiller, mais aussi Kristen Wiig, Shirley MacLaine, Sean Penn…
Durée : 1h54

the-lunchboxSeule chez elle la journée, Ila s’ennuie et prépare de bons plats pour tenter de reconquérir son mari. Par le biais d’un système de livraison dans la ville de Bombay, les repas sont acheminés dans les bureaux, mais celui d’Ila n’arrive pas à bon port. Saajan en hérite et découvre alors Ila à travers sa cuisine et des lettres qu’ils s’échangent. The Lunchbox nous plonge au cœur de la densité urbaine indienne, pays aux mille couleurs, senteurs et impressions. Loin d’être une visite touristique, ce film se place au plus près d’un couple de la classe moyenne, d’un homme sur le point de prendre sa retraite, d’un autre à la veille de son mariage, mais aussi du voisinage. Il rentre chez ces gens en se faisant discret, et évite le voyeurisme en témoignant de nombreuses émotions exprimées avec subtilité.

L’histoire s’installe dans un rythme lent et répétitif, mimant la récurrence du quotidien. En dehors de ces actions répétées ‒ prendre les transports, manger le repas, travailler puis rentrer seul chez soi pour l’un, et habiller sa fille, préparer le repas, récupérer la lunchbox pour l’autre ‒ peu d’actions se produisent. C’est avant tout l’échange épistolaire qui déclenche des confidences puis des espoirs de changement pour les deux protagonistes. Chacun illumine la journée de l’autre en y apportant du nouveau et le partage d’un secret. Comme la lunchbox, le spectateur se fait transporter entre Ila et Saajan dans l’attente de leur rencontre…

The Lunchbox (2013)
De Ritesh Batra. Avec Irrfan Khan, Nimrat Kaur, Nawazuddin Siddiqui…
Durée : 1h42

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Un commentaire pour Changer d’année avec une bonne dose de ciné

  1. Merci pour tes avis 😉
    J’ai aimé « Casse-tête chinois » et surtout « The lunchbox », et je pense aller voir « La Vie secrète de Walter Mitty » bientôt!

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