Interview du producteur de la série « France Kbek »

A l’occasion de la diffusion de la série « France Kbek » sur OCS City depuis le 5 mai, voici une interview de Noor Sadar, le producteur exécutif (Love My TV).

Qu’est-ce qui vous a décidé à rejoindre le projet ?
Ce qui m’a plu, c’est le concept de choc des cultures entre la France et le Québec. Dans le projet de Lily et Marie-Eve, il y avait des choses qui m’avaient amusé et je voyais un bon filon à exploiter. Mais le projet était très girly et pas très facile à vendre tel quel, à part peut-être à des chaînes féminines comme Chérie 25 ou Téva, ce qui donne un spectre assez mince. L’idée de transformer le concept est venue de Jonathan Cohen qui connaissait Marie-Eve du tournage des Invincibles. Il y avait beaucoup de travail pour moderniser le projet de départ. Les choses n’avançaient pas assez vite pour arriver à tourner un pilote auto-produit. Jonathan a alors proposé un nouveau concept avec Jérémie. Cette nouvelle version m’a plu et a séduit OCS.

Qu’est-ce qui fait la spécificité du tournage de France Kbek ?
Sur ce genre de projet atypique, nous avons la chance de travailler avec une équipe très dévouée au projet. Des techniciens et des acteurs talentueux nous ont rejoints pour s’éclater sur un projet différent. Plusieurs m’ont dit qu’il y avait sur le plateau une bonne ambiance, qu’ils ne retrouvaient pas forcément ailleurs. Avec Jonathan et Jérémie, il y a une ambition artistique très importante, et le fait qu’il y ait beaucoup de travail avec des journées chargées n’empêche pas cette bonne ambiance.

Avez-vous assisté à des séances d’écriture avec les scénaristes ?
Avec ma société de production, Love My TV, je propose de créer dès le départ un trio auteur-réalisateur-producteur pour partager une vision commune et une unité dès l’écriture. Lorsqu’on travaille avec les nouvelles chaînes émergentes, qui fonctionnent avec des budgets dix ou vingt fois moins importants que les gros « prime time » classiques, il faut savoir s’adapter. En tant que producteur, j’essaie d’encadrer l’écriture en rappelant les contraintes de lieux ou de personnages et en tirant la sonnette d’alarme si nécessaire. Le but d’une écriture en adéquation avec la production, c’est que tout ce qui est écrit soit réalisé. Je discute aussi avec un conseiller en effets spéciaux ou un chargé de post-production pour déterminer ce qui est faisable ou pas.

©Love my TV productions

©Love my TV productions

Avez-vous une totale carte blanche de la part d’OCS ?
OCS nous a complètement donné carte blanche. En 2011 et 2012, Love My TV a auto-produit plusieurs pilotes afin de convaincre de potentiels diffuseurs. OCS a été convaincu par le pilote de France Kbek, et nous a dit «no limit, soyez complètement fous comme dans le pilote». Nous avions aussi évoqué dès le départ des références comme Scrubs ou Arrested Devlopment qui leur plaisaient. OCS, qui a apporté 50% du budget de la série, n’a pas du tout été interventionniste sur l’écriture, et a laissé travailler la production en lui faisant confiance. Globalement, on constate qu’OCS est content de ses séries françaises, que ce soit Zak, la Lazy Company ou QI.

Est-ce compliqué de tourner en Ile-de-France (contraintes, autorisations) ?
Non, tout s’est bien passé. Tourner dans Paris est un peu plus compliqué car il y a beaucoup de tournages. Avec nos outils, caméras et lumières, nous avons une équipe assez légère qui mobilise trois véhicules et pas dix, donc c’est plus facile quand on arrive dans un quartier ou vis-à-vis des riverains. De son côté, l’Ile-de-France nous a aidés financièrement, mais aussi en nous trouvant un lieu de tournage principal, en nous proposant les archives diplomatiques de La Courneuve.

Pouvez-vous nous donner quelques pistes sur le développement de l’histoire et des personnages dans cette saison 1 ?
Je préfère ne pas spoiler la saison. Nous avons essayé d’ancrer la série dans la réalité même si les personnages sont un peu fous. Dans l’univers du travail, Audrey doit faire face à un patron tyrannique qui hait les Québécois. Dans le même temps, elle est en compétition avec un autre employé, joué par Benjamin Lavernhe, pour décrocher une promotion. La saison 1 est bouclée narrativement, comme chaque épisode, et elle apporte une conclusion sur l’amitié entre Audrey et Mélanie, sur la promotion. Comme le final de la saison est complètement fou, il ouvre aussi de nombreuses pistes pour une saison 2.

Dans l’idéal, avez-vous déjà une idée du nombre de saisons que vous souhaiteriez consacrer à la série ? Avez-vous discuté de l’éventualité d’une saison 2 avec l’équipe ? Avec OCS ?
On espère que France Kbek aura beaucoup de petits frères et sœurs. On se verrait bien faire 2, 3, 4 saisons, voire plus. L’idée, c’est de pouvoir développer la série sur le long terme et Jonathan et Jérémie ont encore beaucoup de choses à raconter. De son côté, OCS reconduit assez rapidement ses séries, Zak compte déjà quatre saisons et Lazy Company deux.

Auriez-vous envie que des épisodes soient tournés au Québec à l’avenir ?
On y pense. Nous avons déjà lancé une réflexion avec Jonathan et Jérémie. C’est vrai que les tournages exotiques sont toujours sympas et visuellement très intéressants. Ils font voyager les téléspectateurs. J’ai eu une bonne expérience avec le tournage de la série In America notamment à Las Vegas. Et puis, pour France Kbek, tourner au Québec permettrait de donner une vision des Français sur le pays.

Est-ce que votre démarche de crowfunding atteint ce que vous espériez ?
On demandait 10 000 euros mais c’était surtout pour créer une communauté autour de la série avant même sa diffusion, pour que les gens commencent à en parler. Nous avons mis en place un partenariat avec MyMajorCompany qui a déjà une grande base de contributeurs. Au final, nous y sommes presque arrivés en atteignant 8600 euros, et cela a permis de développer une activité sur nos réseaux sociaux. C’est vrai que le crowfunding fonctionne plus facilement pour le cinéma, les courts-métrages, car de notre côté nous avions déjà un diffuseur et un budget de départ. Je pense que nous retenterons l’expérience et que les fonds serviront surtout aux effets spéciaux à l’avenir.

Avez-vous d’autres projets en cours ou à venir ?
Oui, il y a des projets à l’étude. Nous avons deux projets de pilote, l’un pour fin 2013 et l’autre pour début 2014. Je travaille sur tout type de formats, du 26 minutes, du 52 minutes, des formats courts. Nous voulons produire pour France Télévisions, comme pour TF1, pour les chaînes de la TNT, ou le câble.

Propos recueillis par Claire Lavarenne en octobre 2013.

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Un commentaire pour Interview du producteur de la série « France Kbek »

  1. Super ! Merci pour l’interview!

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