Saison 2 : Qui sont finalement les “Real Humans” ?

[Risque de légers spoilers, mais rien de majeur]

L’an dernier, Arte nous proposait de rentrer dans un nouveau monde rempli de hubots (contraction de humain+robot) aux couleurs tantôt pastel tantôt flashy. La série suédoise Real Humans, qui a démarré avec un budget modéré comparé aux grosses productions américaines, se démarque aussi bien dans son ton que dans son rendu visuel original. A travers sa première saison, elle a su allier le suivi d’une intrigue avec la découverte d’une société pas si différente de la nôtre qui pousse à la réflexion. Les humains doivent gérer le niveau d’intégration dont peuvent bénéficier les hubots. Certaines de ces machines évoluées cherchent même un code source qui pourrait les «libérer». Si ce premier opus vous avait convaincus, n’hésitez pas à poursuivre l’expérience.

La saison 2 de Real Humans reprend les choses là où elles en étaient restées tout en y insérant une ellipse temporelle de six mois. Le groupe de hubots, désignés comme les «enfants de David», se trouve dispersé, et la menace d’un virus informatique plane sur les humanoïdes et leurs propriétaires. A travers ces choix, cette nouvelle saison se veut plus sombre et inquiétante, passant notamment par des effets spéciaux efficaces de hubots devenus incontrôlables.
REAL-HUMANS-Saison2
La série se penche à nouveau sur les clivages de la société face aux hubots, que ce soit par le biais de groupuscules politiques ou dans le parcours des individus. Certains détournent les hubots, d’autres les exploitent sans état d’âme, ou d’autres encore souhaitent qu’ils soient traités comme leurs égaux (hubbies, transhumains). Côté politique, les slogans «ils nous volent nos emplois» ou «on n’est pas en sécurité», proférés par le mouvement «100% humain» (Äkta människor en VO) font écho aux partis politiques de notre société qui prônent la méfiance vis-à-vis de l’étranger.

Néanmoins, au-delà de ces réflexions plus globales, la narration se resserre autour des protagonistes qui semblent avoir un peu moins d’interactions avec le reste de la société. Les nouveaux personnages sont très vite intégrés aux groupes existants entre lesquels se tissent des liens supplémentaires. Ces liens ont d’ailleurs tendance à rendre de plus en plus floue la distinction entre les humains et les hubots.

Il s’agit aussi de tester la ligne démarcative entre les humains et les hubots, entre autres avec l’apparition de clones dans la narration. Que feriez-vous si l’un de vos proches défunts faisait son «retour» après avoir transféré tous ses souvenirs et ses connaissances dans un hubot-clone ? Ce sujet a déjà été traité, de façon plus dramatique, dans un épisode de la série d’anthologie britannique Black Mirror (diffusée sur France 4), «Be Right Back». Cet épisode rajoutait d’ailleurs une étape en proposant d’abord la seule voix du défunt avant que sa fiancée ne choisisse de commander un clone.

Parmi les personnages principaux de Real Humans, l’un de ceux dont l’évolution s’annonce la plus intéressante serait celui de Florentine. La blonde pulpeuse, à l’esprit de famille aiguisé, se fait passer pour une humaine  pour rencontrer l’humain de sa vie. C’est d’ailleurs peut-être à travers elle que se perçoivent le mieux les traits «d’indépendance» des enfants de David. Elle se choisit elle-même un nouveau prénom, s’invente un passé, montre de la spontanéité, et veut même mettre fin à ses jours dans un élan de désespoir. La hubote souhaite sortir du carcan de la machine mais semble se précipiter dans des conditionnements classiques d’une vie humaine.

En parallèle, les «transhumains», qui affectionnent les hubots au point parfois de vouloir leur ressembler, envient aux humanoïdes leur perfection physique qui renvoie aussi au fantasme de la vie éternelle. Lors d’une scène de fête entre humains et hubots, le travail visuel, via les costumes et le maquillage, est tel qu’il devient difficile de déterminer qui est qui. Un autre personnage va même jusqu’à vivre son existence par procuration, à travers son double hubot qu’il a créé. En bref, la série suédoise soulève une nouvelle fois de multiples pistes de réflexion sociale, métaphysique, émotionnelle, en ne perdant pas de vue la nécessité de raconter une histoire à suspens qui met en avant des personnages travaillés et convaincants.

Real Humans, saison 2 (dix épisodes)
A partir du jeudi 15 mai, sur Arte, à 20h50

Publicités
Cet article, publié dans Séries, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour Saison 2 : Qui sont finalement les “Real Humans” ?

  1. Alex Effect dit :

    Rha, j’ai toujours eu envie de commencer cette série et ton article donne bien envie 🙂

    Je crois que je vais la commencer après les fins de saison de mes séries en cours !

  2. Ping : 3e Festival Série Series : les séries british à l’honneur | behindzescenes

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s