66e Emmy Awards : un palmarès avec peu de surprises

Pour la 66e cérémonie des Emmy Awards, qui a été diffusée dans la nuit du 25 au 26 août en direct sur serieclub et sur le site de Canalsat, pas de grosses surprises du côté du palmarès. Tout en essayant de mentionner la plupart des séries récompensées cette année, je ne reprends pas l’intégralité de ce palmarès.

BreakingBadLe grand vainqueur
Pour son dernier tour de piste, la brillante série Breaking Bad a eu droit à une pluie de récompenses : meilleure série dramatique, meilleur acteur dramatique pour Bryan Cranston, second rôle féminin dramatique pour Anna Gunn, second rôle masculin dramatique pour Aaron Paul, meilleur montage pour l’épisode «Felina», et meilleur scénario pour l’épisode «Ozymandias». Bref, la bande à Vince Gilligan a fini sa tournée des adieux en beauté.

Des femmes de caractère à l’honneur
Julianna Margulies a été élue meilleure actrice dramatique pour The Good Wife, tandis que Julia Louis-Dreyfus a été choisie comme meilleure actrice dans une comédie pour Veep. Une actrice, Allison Janney, a décroché deux trophées, celui du meilleur second rôle féminin dans une comédie pour Mom, et celui de la meilleure guest dans un drame pour Masters of Sex.

Une impression de déjà-vu
Modern Family a, comme d’habitude, aussi eu son lot de statuettes : meilleure série comique pour la cinquième fois, meilleur second rôle masculin dans une comédie pour Ty Burrell, meilleure réalisation pour l’épisode «Vegas». The Big Bang Theory a raflé le prix du meilleur acteur dans une comédie pour Jim Parsons pour la quatrième fois, et celui du meilleur montage pour «The Cooper Extraction».

true-detectiveLes presque oubliés
True Detective a tout de même obtenu le prix du meilleur casting pour une série dramatique, celui du meilleur générique (il est vrai, très envoûtant), du maquillage, de la meilleure réalisation pour l’épisode «Who Goes There» qui a aussi eu le prix de la meilleure photographie. Game of Thrones a grappillé les Emmys des meilleurs costumes, du maquillage, des effets spéciaux, et de la direction artistique, Downton Abbey celui des coiffures, Black Sails celui du montage son, Boardwalk Empire celui de la direction artistique tout comme House of Lies, Brooklyn Nine-Nine celui des cascades tout comme The Blacklist, Nurse Jackie celui du mixage son tout comme House of Cards et Treme.

Louie, malheureusement trop peu habitué aux récompenses, a reçu le prix du meilleur scénario pour l’épisode «So Did the Fat Lady». Orange is the New Black a notamment eu droit au meilleur casting pour une comédie, et au meilleur montage pour l’épisode «Tit Punch».

Mini-séries et téléfilms
Du côté des mini-séries et téléfilms, Jessica Lange et Kathy Bates ont été distinguées pour leur rôle dans American Horror Story : Coven. Au passage, les tenues et les coiffures de ces dames ont aussi eu leur petit effet. Benedict Cumberbatch et Martin Freeman ont été mis à l’honneur pour leur interprétation dans l’épisode «Sherlock : Son dernier coup d’éclat» qui a aussi hérité du meilleur scénario dramatique, du meilleur montage son, de la meilleure photographie, du meilleur montage et de la meilleure musique. La superbe Fargo a gagné le prix de la meilleure mini-série, celui de la meilleure réalisation pour l’épisode «Buridan’s Ass» et celui du meilleur casting. Quant à The Normal Heart, il reçoit le prix du meilleur téléfilm et du maquillage.

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Les séries ne sont pas totalement «a-oût»

Au mois d’août, nombreux sont les vacanciers dispersés ça et là, dans un rythme ralenti avant la folie de la rentrée. Malgré la multiplication des rediffusions, les chaînes françaises n’ont pas renoncé à proposer quelques nouveautés. Entre nous, je mise sur la série The Knick qui se déroule dans un hôpital de New York au début du XXe siècle.

(Certaines séries n’ont pas d’étoiles car je n’ai pas encore pu les voir)

Mais reprenons dans l’ordre chronologique. A partir du 3 août, Téva lancera la saison 1 de la série espagnole Velvet. L’action se situe en 1958 à Madrid dans les galeries Velvet, maison de couture et grand magasin. À leur tête, Rafael Márquez souhaite que son fils Alberto prenne sa succession. Ce dernier souhaite moderniser les créations de Velvet. Ce drame historique compte 16 épisodes de 70 minutes, et une deuxième saison a déjà été commandée en Espagne où la série a connu un bon démarrage.

the-knickDès le 9 août, OCS City proposera en US+24 la série inédite The Knick. Au début du XXe siècle, le personnel médical de l’hôpital Knickerbocker de New York doit composer avec les moyens dont il dispose à l’époque pour faire face à une augmentation soudaine du taux de mortalité. Au casting, on retrouve notamment l’acteur britannique Clive Owen en médecin aux nerfs d’acier. D’après la bande-annonce, je m’attends à une reconstitution solide de l’époque tant dans les décors que dans la psychologie des personnages, mais aussi à travers la mise en scène du réalisateur Steven Soderbergh. Les âmes sensibles devront peut-être s’abstenir mais assister à l’évolution des techniques médicales s’annonce tout à fait passionnant.

Produite par Ridley Scott et Tony Scott, la mini-série en deux parties Labyrinthe** sera diffusée sur 6ter le 12 août. Autour de la mystérieuse quête du Graal et de la communauté chrétienne des Cathares, la mini-série balance entre deux époques. Au temps des Croisades et de la chasse à l’hérétique, on retrouve la jeune Alaïs Pelletier du Mas, interprétée par Jessica Brown Findlay (Downton Abbey), tandis que de nos jours, Alice Tanner fait des fouilles sur un site archéologique près de Carcassonne. Adaptée d’un roman du même nom écrit par Kate Mosse, l’intrigue est plutôt intéressante d’un point de vue historique. La partie consacrée au passé est bien mise en scène, avec des interprétations justes, ce qui est moins visible dans la partie contemporaine. Plus généralement, on peut regretter un rythme un peu lent, mais pas au point de piquer un somme.

Fin août, France 3 doit lancer sa nouvelle série Jusqu’au dernier, en 6 épisodes de 52 minutes, avec au casting Valérie Karsenti, Brigitte Fossey, ou encore Lionel Astier. Après la mort suspecte de Fred Latour, futur successeur du dirigeant du Groupe Teysson, sa mère Hélène, son épouse Karine et leur fille Sybille vont tenter de découvrir la vérité. Elles seront alors confrontées au secret qui entoure la mort d’Alain Latour, père de Fred et alors maire de Marseille. De leur côté, deux policiers mènent l’enquête. Reste à savoir s’il s’agit d’une énième enquête policière mêlée à une histoire de famille mais en tout cas le casting de haut vol est encourageant.Serangoon-road

A partir du 30 août, France Ô diffusera la série Serangoon Road. A Singapour, en 1964, la tension monte tandis que l’archipel est sur le point de se séparer de la Malaisie. Sam Callaghan, un Australien qui vit à Singapour, gère une affaire d’import-export avec son associé Kang. Il accepte d’aider sa voisine, Patricia Cheng, dans son agence de détective après la mort de son mari, tué alors qu’il travaillait sur une enquête.

A tenter aussi :

– A partir du 16 août sur M6, la saison 5 de FBI : duo très spécial**
– Dès le 17 août sur OCS City, la nouvelle série Wrong Cops
– Dans la nuit du 25 au 26 août, sur serieclub, la cérémonie des 66e Emmy Awards

(Certaines séries n’ont pas d’étoiles car je n’ai pas encore pu les voir)

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Séries US : la fournée des nouveautés de mai 2014

Allez, encore un effort et j’arriverai à effacer mon décalage horaire avec le lancement des séries américaines ! Bref, voici un petit aperçu d’une flopée de nouvelles séries lancées en mai aux États-Unis. Dans cette sélection, pas de véritable coup de cœur mais The Night Shift et Crossbones ne s’en sortent pas si mal.

Bad_TeacherBad Teacher** (lancée fin avril sur CBS)
Synopsis : En plein divorce, Meredith Davis se retrouve sans un sou et décide de se faire passer pour une enseignante dans un collège afin de pouvoir rencontrer de riches et séduisants pères divorcés.
Avis après plusieurs épisodes : Bad Teacher est une adaptation du film du même nom sorti en 2011. Le film n’était déjà pas une franche réussite, malgré le bagout de Cameron Diaz, et la série n’améliore pas vraiment la recette. La majeure différence tient au fait que la série étant diffusée sur une grande chaîne, elle ne peut se permettre d’être aussi irrévérencieuse que le film. De plus, le personnage de Meredith révèle très (trop) rapidement qu’elle a un bon fond et se soucie des enfants du collège. La série a été annulée après deux épisodes, mais les autres épisodes produits (au total 13) ont été diffusés en juillet 2014.

Crossbones*** (NBC)
Synopsis : Edward Teach, alias Barbe Noire, s’est installé sur une île des Bahamas, alors que sa tête est mise à prix par les Britanniques. Il y a organisé une société où cohabitent les hors-la-loi. Le gouverneur de la Jamaïque décide d’envoyer un médecin sous couverture pour éliminer Barbe Noire.
Avis après plusieurs épisodes : Après Black Sails, voici une nouvelle histoire de pirates avec son chef redoutable, ses filles au fort caractère et ses conflits armés face à l’autorité britannique. John Malkovich, tout à fait crédible en Barbe Noire, nous sert une soupe plutôt simple mais relevée de son savoir-faire qui lui permet de tenir ses scènes avec tension et élégance. Dans les premiers épisodes, les enjeux dramatiques paraissent assez classiques, bien que saupoudrés de quelques éléments surnaturels telles des apparitions. La série ne semble pas sortir des sentiers battus mais s’annonce plutôt solide.

The Night Shift*** (NBC)
Synopsis : Soldat blessé en Afghanistan, TC Callahan rentre aux États-Unis et travaille comme docteur à l’hôpital de San Antonio. Il gère les gardes de nuit avec son équipe et doit faire face à l’arrivée d’un nouveau chef, Michael Ragosa.TheNightShift
Avis après plusieurs épisodes : Après un premier épisode presque exaspérant autour de TC, génie de la médecine à qui tout réussit même s’il cache une part d’ombre, heureusement viennent les épisodes suivants. Ils laissent alors la place à une galerie de personnages, pour la plupart attachants et ce chacun à leur façon, qui parviennent à donner envie d’y revenir. En termes de série médicale, il n’y a pas de révolution à attendre ici ni même de nouveauté, mais un traitement assez classique (caméra à l’épaule et musique angoissante pour les scènes d’action, problème d’assurance chez des patients…) où les patients sont des prétextes pour que le spectateur en apprenne davantage sur les médecins.

Undateable** (NBC)
Synopsis : Après le départ de son colocataire, Danny, célibataire coureur de jupons, rencontre une bande de types sympas mais pas vraiment doués en séduction. Au final, ils viendront en aide à chacun au sein du groupe.
Avis après plusieurs épisodes : C’est dommage mais cette sitcom est assez inégale, notamment au niveau de ses vannes. Certaines passent plutôt bien, mais elles sont parasitées par d’autres franchement lourdes. Il en va un peu de même avec les personnages qui alternent des moments convaincants et attachants avec de la caricature à l’état pur. Une série à tenter mais sans grand enthousiasme.

Gang Related** (Fox)
Synopsis : Ryan Lopez, élevé par le chef d’un gang, a infiltré la police de Los Angeles jusqu’à rejoindre les forces spéciales anti-gang. Sa double vie finit par lui peser et devenir difficile à gérer.
Avis après plusieurs épisodes : La mise en place de l’intrigue et des personnages semble parfois un peu brouillonne. L’enjeu principal est toutefois assez rapidement posé, ce qui n’est pas vraiment le cas de la présentation des différents personnages. La série enchaîne des situations de tension mais la plupart n’ont pas sur le spectateur l’effet proportionnel à leur envergure de départ. Les dialogues tombent souvent à côté, et le personnage principal manque de charisme. Plus globalement, les performances des acteurs, même celle de l’aguerri Terry O’Quinn (John Locke dans Lost), se révèlent souvent trop légères pour coller à la violence de certaines situations.

RosemarysBabyRosemary’s Baby*** (NBC)
Synopsis : Cette mini-série en deux parties est une libre adaptation du film de Roman Polanski. Un jeune couple d’Américains s’installe à Paris et rencontre un autre couple particulièrement serviable. Rosemary commence à avoir des doutes quant aux intentions de ses nouveaux « amis ».
Avis après la première partie : Tout ce qui construisait l’angoisse progressivement, la tension et l’horreur suggérée dans le film est ici presque immédiatement révélé au grand jour. En revanche, le début de la grossesse de Rosemary n’intervient qu’en deuxième partie. Bien entendu, les créateurs de la mini-série n’allaient pas proposer un copié-collé du film, ce qui serait dénué d’intérêt, mais leur choix d’explicite, de gore, de sulfureux, n’est probablement pas le plus heureux pour adapter et transmettre au spectateur le malaise puissant qui se dégageait du film. Pour autant, les acteurs ne déméritent pas, au premier rang desquels Zoe Saldana dans le rôle titre, et la sobriété de la mise en scène évite tout faux pas ridicule.

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Séries US : des nouveautés en pagaille

D’accord, d’accord, il s’agit de nouveautés lancées en avril aux Etats-Unis, mais tout de même, ça ne sent pas encore la poussière. Avec un peu de retard, je vous propose donc un tour d’horizon de superbes séries comme Fargo ou Silicon Valley, mais aussi d’un arrivage un peu moins reluisant comme Friends with Better Lives.

Friends with Better Lives* (CBS)
Synopsis : Un groupe de cinq amis, dont un couple marié avec enfant, un divorcé, une jeune fiancée, et une éternelle célibataire, traversent la vie ensemble.
Avis après plusieurs épisodes : Les rires en boîte, 3 ou 4 décors de base, une action rythmée par les entrées et sorties de scènes : tous les ingrédients de la sitcom traditionnelle répondent présent. Le premier épisode propose presque exclusivement des blagues et autres jeux de mots sous la ceinture tout en introduisant superficiellement les différents personnages. La femme mariée et l’éternelle célibataire se placent un peu au-dessus du lot en termes d’interprétation et d’intérêt.

SiliconValleySilicon Valley**** (HBO)
Synopsis : Au cœur de la Silicon Valley, de nos jours, la compétition pour développer la nouvelle application révolutionnaire est rude. Une bande de geeks tente sa chance dans la cour des grands lorsque l’un d’entre eux présente son projet.
Avis après plusieurs épisodes : Le premier épisode a rapidement balayé ma crainte de voir une nouvelle série geek sans originalité et surtout sans intérêt pour le commun des mortels. Les créateurs de Silicon Valley glissent en permanence de l’ironie et une certaine critique dans cet univers au cœur de la high tech. On se retrouve projeté au milieu de sectes dont chaque gourou a ses spécificités et n’en est pas moins un redoutable homme d’affaires. La série se régale à jouer visuellement avec les codes couleurs et les symboles des différentes entreprises en concurrence.

Deadbeat** (Hulu)
Synopsis : Un médium looser vient en aide aux fantômes de New York afin de leur permettre d’accomplir leur dernière volonté avant de trouver le repos.
Avis après plusieurs épisodes : Le principe de départ se tient avec un fantôme par épisode. Le protagoniste pourrait presque devenir attachant, mais le résultat se révèle un peu lourd à digérer et l’humour un poil facile. Dans ce format 20 minutes, bien entendu, il ne s’agit pas de prendre le temps de raconter l’existence passée du fantôme du jour, ni même pour l’instant de rentrer dans le détail de la vie du médium, mais il manque un petit quelque chose à la comédie. Sans être ridicules, les effets spéciaux s’en tiennent au service minimum qui pourrait dater des années 1990.

Turn*** (AMC)
Synopsis : En 1776, durant la guerre d’indépendance des Etats-Unis, un fermier rejoint ses amis d’enfance pour former un groupe d’espions qui jouera un rôle déterminant dans l’issue de cette bataille.
Avis après plusieurs épisodes : La série développe un premier centre d’intérêt à travers son sujet lui-même, pan méconnu de la guerre d’indépendance des Etats-Unis. Cette série historique propose un travail sérieux de reconstitution, avec ses décors, costumes, éclairage, tout en plongeant le spectateur au cœur d’un destin personnel amené à prendre part à des situations exceptionnelles. Malgré des performances d’acteurs solides, notamment celle de Jamie Bell, les premiers épisodes n’ont pas déclenché d’intérêt passionné chez moi.

FargoFargo**** (FX)
Synopsis : Lester Nygaard, modeste assureur, mène une vie sans histoire sous les reproches permanents de sa femme. Lorne Malvo débarque en ville, après avoir eu un accident de voiture et laissé filer un homme qui était prisonnier de son coffre. Lorne rencontre Lester dont la vie va alors basculer dans une spirale infernale.
Avis après plusieurs épisodes : La série parvient avec brio à recréer l’atmosphère, l’environnement propre au film Fargo des frères Coen, tout en prenant son indépendance dès le premier épisode. Les acteurs Billy Bob Thornton, en tueur discret au regard inquiétant, et Martin Freeman, en petit bonhomme harcelé qui pète un câble, délivrent des performances de haut vol. La finesse de la mise en scène nous permet de comprendre ce qui se passe dans la tête de Lester parfois sans mot dire.

The Black Box** (ABC)
Synopsis : Catherine Black, neurologue accomplie, doit gérer en secret sa bipolarité. Lorsqu’elle ne prend pas son traitement, elle traverse des phases intenses parfois dangereuses pour elle-même. Elle aide ses patients à sa façon, loin des sentiers battus.
Avis après plusieurs épisodes : Traiter d’une maladie mentale à travers son protagoniste est un point de départ tout à fait intéressant, malheureusement, on a souvent du mal à croire à la performance de Kelly Reilly. Quelque chose n’accroche pas, tout comme c’est le cas avec la bande originale qui abreuve les images de musique jazzy sans que celle-ci ne colle aux ambiances. La construction du scénario est classique, un épisode = un cas de patient résolu par un médecin de génie, même si la narration fait la part belle à la vie privée de Catherine.

Faking it*** (MTV)
Synopsis : Au lycée, deux meilleures amies sont prêtes à tout pour augmenter leur cote de popularité, y compris de se faire passer pour un couple.
Avis après plusieurs épisodes : Faking it semble vouloir s’inscrire dans la lignée des séries comme Awkward mais s’en sort avec moins de finesse. On retrouve bien entendu tous les personnages type, la peste chef de file et sa suite, le beau gosse, les parents à côté de la plaque. L’intérêt ici est de partir du principe que c’est un lycée tolérant, où les rôles s’inversent et où on se moque de la peste. Le thème de l’homosexualité est traité d’une façon plutôt originale.Salem_Serie_de_TV-196827674-large

Salem** (WGN America)
Synopsis : Retour dans le Massachusetts du XVIIe siècle, plus précisément dans la ville de Salem en proie à la fameuse chasse aux sorcières.
Avis après plusieurs épisodes : La production a mis les moyens pour proposer un rendu visuel convaincant de l’époque. Je qualifierais davantage cette série de « repoussante » (insectes grouillants, crapaud avalé…) que d’horrifique. Les bandes annonces nous promettaient une relecture originale de la chasse aux sorcières, alors qu’on nous sert tous les passages obligés comme les pendaisons, les scènes type « l’exorciste », ou les rituels avec sorcières à moitié nues dans la forêt. Au milieu du combat entre les adorateurs du malin et les puritains, quelques personnages comme John présentent a priori une personnalité plus nuancée. Reste que les amateurs du genre pourront peut-être y trouver leur compte.

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Petit menu de séries en juillet à la TV

Oui, le football occupe pas mal les écrans ces dernières semaines, mais les séries ne désertent pas pour autant la télévision totalement en juillet. OCS City propose la saison 2 inédite de la superbe Masters of Sex, tandis que M6 diffuse en clair pour la première fois Scandal.

(Certaines séries n’ont pas d’étoiles car je n’ai pas encore pu les voir)

masters-of-sexOCS City lance donc en US+24 la saison 2 de Masters of Sex**** dès le 14 juillet. Interprétée avec justesse par Michael Sheen et Lizzy Caplan, cette série s’appuie sur une réalisation assez classique et très soignée qui donne vie à la recréation efficace d’une époque, tant dans les décors que dans le comportement des personnages. L’un des enjeux de cette deuxième saison repose sur la tournure que prendra la relation entre le Dr Masters et Virginia Johnson.

A partir du 16 juillet, France 2 diffuse Hôtel de la plage, qui est une libre adaptation du film du même nom réalisé en 1978 par Michel Lang. Présentée au festival Séries Mania, cette comédie familiale de six épisodes est incarnée par des acteurs comme Bruno Solo, Jonathan Zaccaï, ou Karina Testa. L’histoire se déroule dans une station balnéaire où quatre familles se retrouvent, chaque individu apportant son lot de problèmes personnels.

De son côté, M6 propose dès le 1er juillet la saison 1 de Scandal*** (inédite en clair) qui compte déjà trois saisons finies et une quatrième à venir. Avec son équipe, Olivia Pope, jouée par Kerry Washington, est experte en gestion de crise. Effacer une rumeur, couvrir une bavure, rétablir la vérité… Elle travaille avec les personnalités puissantes et entretient une relation trouble avec le président des Etats-Unis.scandal Cette série, créée par Shonda Rhimes (Grey’s Anatomy), a une structure classique avec une crise à régler par épisode même si la relation avec le président et les histoires personnelles des autres personnages constituent une toile de fond. Efficace dans son rythme et imaginative dans ses intrigues, Scandal peut se regarder avec entrain.

A partir du 19 juillet à 12h40, W9 diffuse la première et unique saison de la comédie Ben & Kate**. L’immature Ben débarque régulièrement mais toujours à l’improviste chez sa sœur Kate, qui élève seule sa fille. La série suit les aventures de ce bout de famille dysfonctionnelle. Elle ne fait pas toujours dans la finesse humoristique, mais le duo frère-sœur fonctionne avec un bon potentiel d’attachement.

Dès le 4 juillet, NT1 tente sa chance avec le reboot Charlie’s Angels inédit en clair. Annulée après huit épisodes, cette nouvelle version des trois Drôles de dames ne vaut probablement pas le détour.

A (re)découvrir aussi :

-Arte diffuse la saison 3 de The Killing*** dès le 3 juillet
-OCS Max lance la 2e partie de la saison 4 de Pretty Little Liars le 5 juillet

(Certaines séries n’ont pas d’étoiles car je n’ai pas encore pu les voir)

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Séries Mania : Deux façons de traiter une épidémie

Parmi toutes les séries découvertes à Séries Mania, il m’a semblé intéressant de mettre face à face la série belge Cordon et la sud-coréenne The End of the World, qui traitent toutes deux de la découverte d’un virus et de son risque de propagation. Bien entendu, le sujet n’est pas neuf, récemment repris dans la série américaine Helix, mais il peut être abordé de multiples manières.

The End of the World*** (série sud-coréenne)
Synopsis : Un virus fait plusieurs victimes en Corée du Sud. Au centre de lutte épidémiologique, Kang Joo Hun se retrouve à la tête d’une équipe scientifique pour comprendre l’origine de cette maladie et enrayer sa propagation.

© jTBC

© jTBC

Avis après le premier épisode : En partant d’un sujet assez classique en fiction, cette série choisit de ne pas jouer d’entrée de jeu sur la panique. Les réactions restent très contrôlées, et de nombreux passages se font dans le silence, sans aucune musique. Le groupe de scientifiques nous offre des scènes de collecte d’indices dignes des Experts, auxquels un personnage fait d’ailleurs une référence directe. En bref, gros plans sur le matériel scientifique sur fond de musique entêtante. La caméra, très souvent en mouvement, semble garder ses distances avec les personnages, soit sans trop s’en approcher, soit en filmant à travers une vitre ou une combinaison. Dès que la caméra s’approche, le personnage est de profil, de dos, ou à moitié caché, comme si elle gardait le spectateur à distance. La construction de la tension est très progressive à travers un changement de musique et la découverte de celui qui est peut-être le porteur initial du virus.

Cordon*** (série belge)
Synopsis : Pour éviter la propagation d’un nouveau virus d’origine inconnue, les autorités belges décident de boucler tout un quartier de la ville d’Antwerp. Commence alors une course contre la montre qui suit le groupe des gens parqués, mais aussi celui des scientifiques essayant de trouver une solution à la situation.
Avis après le premier épisode : Cordon introduit intelligemment le thème de la maladie en utilisant plusieurs entrées, des enfants qui visitent le centre d’étude des maladies infectieuses, une jeune femme scientifique, et un groupe d’hommes mystérieux. Les enjeux dramatiques sont renforcés notamment par la présence d’enfants, d’une ado enceinte, et l’utilisation d’images façon caméras de surveillance. Contrairement à The End of the World, cette série filme au plus près, parfois dans un style presque documentaire, et personnalise rapidement les relations entre ceux qui sont parqués et ceux qui sont «libres». Cordon  renvoie à la gestion de crises sanitaires récentes en Europe, mais évoque aussi la peur de l’autre qui atteint ici le niveau de la paranoïa dans ce contexte d’épidémie.

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Séries et doublage : interview d’un adaptateur

Adaptateur de doublage ou l’illusionniste de l’ombre

Les VF de House of Cards, Girls, Breaking Bad, ou Damages, c’est lui. Pour Sébastien Michel, réussir une adaptation de doublage c’est savoir passer inaperçu. Il exerce ce métier depuis une quinzaine d’années et l’a vu évoluer d’un point de vue technique mais aussi dans le rythme de travail.

Comment en êtes-vous arrivé au métier d’adaptateur ?
Après une maîtrise d’anglais et un début de vie professionnelle, un ami qui faisait de l’adaptation m’a proposé de l’aider. Malgré le statut précaire de travailleur indépendant, je me suis lancé. Durant 4 ans, je me suis formé dans une petite boîte de films direct-to-video où nous avions le temps d’apprendre le métier et de tester. J’ai ensuite démarché des sociétés, et actuellement je travaille surtout pour Dubbing Brothers, Nice Fellow et Mediadub.

damagesIl semble que beaucoup d’adaptateurs commencent par travailler sur des soaps…
A l’époque où j’ai commencé, dans les grandes boîtes, les soaps étaient un peu la porte d’entrée pour les nouveaux. Quand j’ai démarché Dubbing Brothers, j’ai accepté d’en faire un, tout en les prévenant au culot que je n’en ferai pas d’autres, et ça a payé. Ensuite, je suis passé à des téléfilms et des séries qui n’avaient qu’une seule saison, avant d’arriver à des projets comme Damages, ma première belle série.

Si vous deviez citer 5 règles pour une bonne adaptation ?
Rester le plus fidèle possible à la version originale, même s’il faut savoir s’en écarter si nécessaire, comme pour une référence culturelle inconnue en France par exemple. Respecter le niveau de langage de chaque personnage et leur débit de parole est essentiel. Il faut aussi savoir renverser la phrase et jongler avec sa structure. Enfin, tout en faisant attention aux mouvements des lèvres, il ne faut pas se laisser piéger par la synchro au risque de perdre le sens.

Comment s’organise votre travail ?
Pour pouvoir en vivre, je dois travailler sur plusieurs séries en même temps, et les plannings se superposent souvent. À partir de trois à la fois, cela devient problématique et j’ai dû, à mon grand regret, refuser la saison 3 de Girls pour cette raison. J’effectue un travail de recherche lors de l’adaptation et, pour une série politique comme House of Cards, près d’une phrase sur deux demande des recherches. En VO, Frank Underwood occupe la fonction de «whip», ce qu’il fallait adapter en français et nous avons choisi «coordinateur». Une fois le texte prêt, je le lis à voix haute pour voir s’il est synchro et respecte le niveau de langage du personnage. Puis, il y a une vérification, surtout pour les premiers épisodes, en présence du directeur artistique du doublage et parfois des responsables des chaînes ou des distributeurs.house of cards

Faites-vous la détection (repérage et étalonnage des mouvements de lèvres) vous-même ?
Au départ, détecteur est un métier à part entière, mais des clients demandent de plus en plus aux auteurs de faire leur propre détection. Pour l’instant, étant donné ma situation professionnelle plutôt stable, je peux me permettre, par principe, de ne pas accepter, mais un jeune qui démarre se sentira probablement moins libre de refuser. Avec cette réorganisation, ils en profitent pour donner un coup de rabot financier en proposant des forfaits. En plus, un détecteur a le statut d’intermittent du spectacle, alors que pour l’auteur qui fait sa détection, ce n’est pas le cas. D’ailleurs, le prix de la minute de doublage n’a pas changé depuis mes débuts en 1999.

A combien travaillez-vous en moyenne sur une série ?
Sur une série, nous sommes deux au minimum (c’est le cas pour House of Cards), mais parfois trois ou plus. Plus on est nombreux, plus la coordination est délicate sur le vocabulaire, les termes récurrents, le tutoiement ou vouvoiement. Pour House of Cards, j’adapte donc un épisode sur deux. En revanche, pour Breaking Bad, nous étions trois auteurs, excepté pour la dernière saison où nous étions deux.

Le métier d’adaptateur n’est-il pas un peu frustrant ?
Non, mais honnêtement, le boulot est intéressant si la série l’est. C’est servir au mieux une série qui le mérite. Pour Breaking Bad, j’étais carrément accro.

Et le manque de temps, avec les diffusions de plus en plus rapprochées ?
Nous avons reçu en amont la saison 1 de House of Cards, ce qui nous a donné le temps de bien faire notre travail en voyant l’évolution des personnages et de leurs rapports. Pour la saison 2, nous avons eu les épisodes un peu avant la diffusion américaine mais pas dans l’ordre, ce qui est assez problématique pour une intrigue complexe comme celle-ci. Nous avons donc eu deux mois pour adapter la saison ce qui reste assez court. La tendance, c’est tout le monde veut tout et tout de suite, et les délais de travail se resserrent pour nous.

BreakingBadRessentez-vous des contraintes sur vos textes de la part des chaînes ? Différentes selon les chaînes ?
Pour commencer, il faut garder en tête la chaîne pour laquelle on adapte un doublage de série. Avec des chaînes comme Canal+ ou Arte, vous avez toute latitude et c’est un vrai luxe. Une chaîne comme TF1, qui a un public beaucoup plus large et familial, a des critères plus resserrés. En même temps, à la base, TF1 n’achète pas le même type de fictions que Canal+ ou Arte. Ses choix ne portent pas vraiment sur des séries où le niveau de langage est problématique, comme des insultes par exemple.

En tant que spectateur, vous êtes plutôt VO ou VF ?
Ça dépend avec qui je regarde la série ou le film. Dans l’absolu, je préfère la VO pour l’anglais, parce que vous avez le produit tel qu’il a été pensé et joué. Mais, par exemple, pour un film coréen esthétiquement très bien réalisé la VF me permet de ne pas manquer le spectacle. Il faut se méfier des jugements à l’emporte-pièce sur la VF.

Propos recueillis par Claire Lavarenne

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